L' Echange

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Modérateur: Ingrid

L' Echange

Message par Frida » Jeu 30 Juil 2009 21:54

Habillée d'une simple robe rouge, en laine, sans col et réchauffée seulement par un vieux châle noir, H*** marchait lentement sous les premières gouttes de pluie. Les rues de Montmartre, habituellement si chaotiques se vidaient progressivement, dans une hâte frénétique instinctive, pareille au malaise de l'animal qui renifle l'orage.
H*** se serra dans les épaules, frileuse. L'échancrure de sa robe laissait entrevoir la courbe d'ambre de son sein, stigmatisé par les frissons mais serré et relevé par le corset.
Elle s'assit sur un banc publique, se couvrant la tête avec le châle, pour protéger ses cheveux courts de la pluie. Où aller? Quoi faire? Son estomac se contracta, dans une morsure de faim.
Elle appuya les coudes sur les genoux et le front aux mains, désespérée . Elle resta longtemps dans cette position, puis elle vit deux chaussures noires, accompagnées par la pointe en acier d'une canne. H*** souleva la tête et regarda avec un peu de surprise peureuse l'homme qu'elle se retrouva en face. Il pouvait avoir entre 35 et 40 ans... peut être plus. Ses cheveux noirs, avaient quelques fils blanc çà et là. Habillé d'un élégant complète noir, il se tenait debout, dans une attitude presque aristocrate, mais avec une nonchalance plutôt bizarre, qui laissait quelques idées sur sa vie, peut-être non complètement conforme aux règles morales de sa classe sociale.
« Vous etes seule Mademoiselle? » demanda-t-il avec un sourire froid.
« Oui Monsieur... »
Il la regarda attentivement. Les cheveux courts, la peau bronzée, une robe simple en laine... une ouvrière du quartier, ou plus probablement une jeune artiste débarquée à Paris.
« Si vous restez assise sur ce banc vous risquez de tomber malade... un orage va éclater dans quelques minutes.... »
« Je le sais bien, Monsieur, mais je suis arrivée ce matin et je ne sais pas où aller... j'ai pas de maison, pas de travail... rien! » Elle haussa les épaules, dans un geste triste.
« Vous venez de la province? » s'informa-t-il, satisfait d'avoir deviné l'état de la jeune femme par un simple coup d'oeil.
« Je suis de Bordeaux... » Il s'assit près d'elle.
« Oh... le sud! » Il plia la tête d'un coté, pour mieux la regarder.
« Venez avec moi Mademoiselle, on rentre dans un cabaret manger quelque chose... »
Elle leva une main et secoua la tête.
« Je ne peux pas Monsieur, je n'ai pas d'argent! »
« Alors, je vous offrirai le dîner, et vous payerez votre dette plus tard.. »
Il avait parlé lentement, avec une sûreté glaciale, bien conscient que la position sociale de cette pauvre fille lui permettait une liberté qu'il n'aurait pas pu se concéder avec une femme plus riche. Elle était clairement désespérée, et il en aurait profité pour passer une soirée intéressante. Elle le regarda « Monsieur, ne me croyez pas si stupide que cela... vous me demandez de me vendre pour une soupe et deux tranches de pain? C'est ça? »
« Oui... à peu près..., mais je ne veux pas vexer votre orgueil, donc... » Il se leva, prit sa main droite et y déposa un baiser léger, puis il s' apprêta à s'en aller.
H*** subit avec surprise le geste élégant du jeune homme, elle le suivit du regard, pendant qu'il traversait la rue et disparaissait derrière la porte d'un bistrot.
La pluie tombait, toujours plus fort.
H*** commença à avoir vraiment très froid, et à se sentir très faible. Elle n'avait pas touché à un morceau de pain depuis le soir avant.
Elle se décida donc, traversa la rue et entra dans le bistrot qui accueillait l'homme en noir.
L'intérieur du bistrot était sombre, sentait fort le tabac, les effluves de mauvais alcool et la soupe d'oignon.
Elle retrouva son interlocuteur assis à une table, en train de manger. Elle s'approcha lentement.
« Monsieur... »
Il leva les yeux de son assiette et plia les lèvres dans un sourire de satisfaction.
« Mademoiselle... la faim a gagné? » demanda-t-il, ironique.
Elle ôta son châle, désormais complètement trempé de pluie.
« Oui... »
« Asseyez-vous, donc! » Il indiqua une chaise.
Elle s'assit, gênée et affamée; n' osait pas lever ses yeux sur l'homme, telle était sa honte.
Il appelait la serveuse, avec un geste rapide de la main. Une jeune fille blonde arriva, souriante.
« Du boeuf rôti pour Madame, des pommes de terre et un verre de Bordeaux. Ça ira? »
H*** approuva d'un signe de la tête.
« Très bien... faites préparer la chambre au Ier étage aussi. »
La serveuse, courba la tête, respectueuse et partit vers la cuisine.
Elle revint quelques minutes après, avec une assiette de viande fumante et le verre de vin.
H*** se jeta sur la nourriture avec une telle joie et une voracité que l'homme en fut presque touché.
Quand elle eut terminé il se leva.
« Très bien Mademoiselle... ayez la complaisance de me suivre s'il vous plaît. »
Il s'approcha et lui offrit le bras, qu'elle prit avec un frisson de peur. Il perçut immédiatement l'angoisse de la jeune femme, et ce sentiment ne fit qu'augmenter son excitation.
Ils montèrent au Ier étage, où il ouvrit la porte de la chambre en la poussant simplement avec le pommeau de la canne.

La chambre était très petite: un lit en fer, une table avec une chaise, une table de toilette.
H*** entra, suivie de l'homme, qui enferma aussitôt la porte derrière lui.
Il s'approcha de la jeune femme, encore mouillée et tremblante.
« Déshabillez-vous Mademoiselle »
Il commença à s'enlever le manteau et la veste, qu'il appuya avec soin sur la chaise. Il resta en chemise et gilet.
H*** dégrafa lentement sa robe, avec quelques difficultés, et la laissa tomber à ses pieds.
Elle portait une robe de dessous blanche, fermée par un corset noir, qui lui couvrait les seins et lui serrait la taille. Ses jambes étaient couvertes par des bas noirs, liées au dessus des genoux par des élastiques. Elle ne portait pas de culottes.
Il avança vers elle, en observant le linge plutôt économique et pour la plupart artisanal de la fille.
« Enlevez tout cela, ça ne m' intéresse pas! » Il l'indiqua avec un geste vague et rapide de la main.
« Monsieur, je vous en prie... je ne peux pas.. »
Il l'écouta un peu pleurnicher, impatient, pendant qu'il enlevait son gilet et déboutonnait sa chemise.
« Arrête de chialer, merde, j'ai pas toute la journée... vite! »
Avec des mouvements lents elle ôta ses bottines, puis commença à dégrafer son corset aussi, qui revela ses seins aux tetons roses, sous le fin coton blanc.
Il fixa sa poitrine, excité, s'approcha et lui enleva sa robe de dessous, sans trop de ménagements. Quand elle fut nue, rien qu'avec ses bas noirs, il la poussa sur le lit, et monta sur elle, en lui ouvrant les jambes. A genoux sur le lit il ouvrit sa braguette, libéra son membre et enfonça au même temps deux doigts dans le sexe de la jeune femme.
Quand elle se sentit pénétrée par les doigts de l'homme inconnu elle poussa un cri, en bougeant des hanches.
Il l'empoigna fermement avec la main droite, lui écrasant le ventre contre le lit.
« Bouge pas... ou ça sera pire... » lui dit-il en riant un peu.
Puis il se coucha sur elle, cherchant son sexe avec son membre.
Il le trouva aussitôt, et la pénétra à nouveau, d'un seul coup des hanches.
Écartelée par cette irruption arrogante dans son corps elle chercha à se libérer du corps qui gravait sur elle, sans aucun succès. Elle hurlait et se débattait furieusement.
Il plaça sa main gauche sur sa bouche, pour ne pas l' entendre, et la gifla violemment de la main droite.
« Tais-toi, putain! » il commença à bouger dans son ventre, avec un rythme rapide, profond et régulier.
Elle sentait le sexe de l'inconnu qui la labourait au profond, qui la pénétrait violemment, atteignait le fond de son ventre et se retirait aussitôt, en sortant presque d'elle à chaque fois. H*** ferma les yeux, pliant la tête sur le coté. Elle semblait se regarder de l'extérieur, possédée par cet homme qui l'avait échangée avec du boeuf et des pommes de terre...
Prostituée pour une entrecôte... Mon Dieu!
Après quelques minutes l'homme augmenta la fréquence de son rythme, et de son souffle aussi.
Imaginant ce qui allait arriver H*** ouvrit les yeux.
« Mon Dieu... non, Monsieur... vous pouvez pas... allez vous-en! » et elle chercha à le repousser à nouveaux, avec les deux poings sur ses épaules et en bougeant les hanches, comme pour enlever le membre de l'homme de son corps.
Mais ça fut inutile. Il jouit aussitôt dans elle, en l' aspergeant, presque en la remplissant complètement de son sperme. Il se coucha sur elle, telle un matelas.
H*** reçut avec peur, horreur et écœurement la jouissance de l'Inconnu dans son ventre. Quand il retomba sur elle, H*** commença à sangloter telle une enfant hystérique, en frappant la dos et les épaules de l'Inconnu avec une série de gifles et coups de poing.
« Mais... Qu'avez-vous fait?! Qu'avez-vous fait?!... »
Il lui prit les poignets dans les mains, en les serrant très fort, puis se laissa tomber sur le coté et poussa H*** hors du lit, en la faisant tomber parterre.
« Arrête Enfin!! Qu'est-ce que ça peut me foutre? Tu t'es vendue pour un morceau de viande... et ça serait moi qui devrait te respecter et te traiter en Dame respectable... oh... » Il ferma les yeux, l'air fatigué.
H*** le regarda pendant quelques secondes, les yeux pleins de larmes, le ventre crispé. Elle se souleva sur les genoux et marcha à quatre pattes, n'arrivant pas à se tenir debout, jusqu'à ses vêtements. Elle prit son chemisier et se le passa sur la tête.
Il ouvrit les yeux.
« Qu'est-ce que tu fais? Je ne t'ai pas donné ma permission de sortir... Viens ici. »
H*** se tourna vers lui et écarquilla les yeux. « Non Monsieur... Je vous prie... »
Il se leva, avec un mouvement agile et nerveux. Il se plaça en face d'elle. Il avança, la poussant contre le mur. Elle le regarda, assise parterre; n'osant pas bouger.
Il prit son sexe dans la main et commença à pisser sur elle.
Un flot chaud d' urine atteignit immédiatement H*** sur le visage, sur les cheveux, l' inondant complètement. Il la regardait, avec un sourire amusé.
H*** courba le visage et se protégea avec les mains, surprise et désespérée par ce dernier geste d' affront.
Quand il eut terminé, et les dernières gouttes eurent atteint le corps de H*** il la prit par les cheveux: « Nettoie ma queue avec ta langue, chienne... » Et il enfonça son sexe dans la bouche de la fille. Il commença à bouger des hanches, deux ou trois fois,puis il s' arrêta, et sortit son membre.
« ça suffit! Laisse-moi! » Il la poussa contre le mur et se dirigea vers ses vêtements.
Il se rhabilla avec soin, ne regardant plus H*** qui était restée assise par terre, en larmes, sale, humiliée jusqu'à la moelle.
Il ouvrit la porte, après avoir pris sa canne, et lui lança un dernier regard, chargé de mépris.
« Tu es dégueulasse, ma fille! »
Il ferma la porte derrière son dos et s'en alla.

Frida
 
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Re: L' Echange

Message par aristoffe » Ven 31 Juil 2009 19:17

O comme c'est cruel, comme c'est bon. Comme si V. Hugo avait rencontré G. Bataille. A la fin de votre texte on se sent sale comme elle. Vos mots nous dégoulines dessus comme de la pisse et du foutre. En attendant de vous relire, je vais me prendre une douche

aristoffe
 
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