par Porneros » Lun 9 Juin 2008 17:34
Je ne connaissais pas Hugues, mais y'a d'ça, forcément !
Le mythe matriarcal est le plus refoulé qui soit... Attention aux symptômes, ils ne sont pas queue mono-patriarcaux, ils peuvent aussi être violemment cyniques -hipparchiques, devrais-je dire !-, violence féminine qui, s'appuyant sur l'Autre, retourne la puissance phallique contre le mâle désemparé... C'est ce qu'on retrouve du côté de Despentes et d'autres féministes... Bien sûr, y'a un appui sur le mythe de la pornê (que j'ai abondamment commenté par ailleurs, mais j'y reviendrais !). Face à ces retours du refoulé, y'a l'acceptation de la Déesse-Mère, et là, nous entrons dans le mythe de la pas-toute, dans ses possibilités mystiques, et dans les secrets de la pornê... C'est un peu ce que j'étudie en ce moment : la voie mystique face à la voie hipparchique, où est la le plus grand trésor épanouissant ? A suivre !
Mais le "ça-crée" est bien loin de çade ! En ce qui concerne c't'affaire là, y'a plusieurs analyses : philo, psycha, littéraires... En tout cas, ça n'est pas une simple parodie, ni même un renversement trop simple du bien en mal : c'est la logique kantienne de non-contradiction poussée à l'extrême ! Chez Kant, l'impératif catégorique se base sur l'universalisation de nos maximes morales, selon la logique axiomatique : dictature de la raison humiliant le sensible (le corps), bref sadisme avant la lettre... La principale différence est que chez Kant, les trois instances (auteur, législateur et acteur) sont la même personne alors que chez Sade, ce sont SA (Saint-Ange) D (Dolmancé) et E (Eugénie) ! Cela forme, bien sur, en abyme, le seul Sade, dans son fantasme de jouissance absolue... mais, respectant tous les principes philosophiques kantiens, redéfinissant (merci Lacan pour cette formule !) l'impératif catégorique en "'je peux jouir de tout corps' peut me dire quiconque" (clivage signifiant/signifié !), la notion de référentiel bien ou mal est dépassée (invalidée) par la voix qui commande tout en subissant (base du sadisme) : puisque l'impératif catégorique (commandement moral) est le cri de ma "victime" (celle dont je jouis), alors non seulement il n'y a pas de contradiction, mais en plus, il y a un véritable rapport à l'autre -éthique- (ce qu'il n'y a pas chez Kant)... Dans ce fantasme çadien, le jouisseur n'a plus qu'a légiférer selon ses maximes... Bien sur, l'erreur pathologique est de plaquer l'autre sur l'Autre (la victime sur le commandeur !), mais cela a le mérite de montrer la faille principale du système kantien : son oubli de la différence désir/jouissance, et donc, de la puissance du fantasme... Chez Kant, comme chez Sade, y'a "apathie" recommandée, donc, impossibilité et du désir ("le seul désir restant est le désir de ne rien désirer" nous disait déjà Lacan à propos des Stoïciens) et de la liberté (selon la première définition kantienne de celle-ci qui semble, ici, refoulée)... Où est la solution ? Dans le partage du manque !