Pour fêter ma venue sur ce site (je me fête tout seul, oui) et ayant lu précédemment, dans certains de vos propos, qu'il serait bon de parler de Pierre Louÿs, je me permets d'ouvrir ce sujet. Peut-être pensiez-vous surtout à sa prose érotique? Moi je pensais plutôt à sa poésie, que je connais mieux. (Sans oublier cette petite merveille hilarante qu'est son traité de civilité destiné aux jeunes filles...)
Donc, pour me faire plaisir, égoistement, je cite un de ses poèmes, au hasard. Il s'agit de "En levrette".
Il me plaît que ce soir, pour te faire un enfant,
Je te saillisse par derrière et que tu prennes
A genoux la posture ignoble des chiennes
Sous mon ventre de Mâle obscène et triomphant.
La glace qui s'étend près des draps et m'obsède,
Réfléchira l'accouplement nu de nos corps
Et je me courberai sur ta croupe en dehors,
Comme Zeus amoureux, penché sur Ganymède.
Car tu seras, malgré tes longs cheveux de blé,
L'illusoire abandon d'un éphèbe enculé
Dont le rectum s'avive aux chaleurs de la verge
Et mes doigts, en pressant les poires de tes seins,
Evoqueront un androgyne aux yeux malsains
Jouissant avec des virulences de vierge.
Puis, pour finir, pris encore une fois au hasard, un quatrain tiré de Pybrac, où se retrouve l'humour de Louÿs :
Je n'aime pas à voir, impasse de l'Ecuelle,
La putain qu'on encule en plein air dans le coin
Et qui dit chaque fois sa phrase habituelle :
"Crache-toi sur la queue, elle entrera plus loin."
Je pourrais encore en citer des quatrains de Pybrac, mais c'est assez pour cette fois...
