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L’École du libertinage

Le beau cul qui a chié cela

Les 120 journées de Sodome (13e journée)



Auteur :

Mots-clés :

Le Marquis de Sade, Les 120 journées de Sodome, ou l’École du libertinage, Éd. Club des bibliophiles, Paris, 1904.




XVII — Treizième journée

Le président, qui couchait cette nuit-là avec sa fille Adélaïde s’en étant amusé jusqu’à l’instant de son premier sommeil, l’avait reléguée sur un matelas, par terre, près de son lit, pour donner sa place à Fanchon qu’il voulait toujours avoir près de lui quand la lubricité le réveillait, ce qui lui arrivait presque toutes les nuits. Vers les trois heures, il se réveillait en sursaut, jurait et blasphémait comme un scélérat. Il lui prenait alors une espèce de fureur lubrique, qui, quelquefois, devenait dangereuse. Voilà pourquoi il aimait à avoir cette vieille Fanchon près de lui alors, parce qu’elle avait au mieux trouvé l’art de le calmer, soit en s’offrant elle-même, soit en lui présentant tout de suite quelqu’un des objets qui couchaient dans sa chambre. Cette nuit-là, le président, qui se rappela tout de suite quelques infamies faites à sa fille en s’endormant, la redemanda tout de suite pour les recommencer, mais elle n’y était pas. Qu’on juge du trouble et de la rumeur qu’excite aussitôt un tel événement. Curval se lève en fureur, demande sa fille ; on allume des bougies, on cherche, on fouille, rien ne paraît. Le premier mouvement fut de passer dans l’appartement des filles ; on visite tous les lits, et l’intéressante Adélaïde se trouve enfin, assise en déshabillé, auprès de celui de Sophie. Ces deux charmantes filles, qu’unissaient un caractère de tendresse égal, une piété, des sentiments de vertu, de candeur et d’aménité absolument les mêmes, s’étaient prises de la plus belle tendresse l’une pour l’autre et elles se consolaient mutuellement du sort affreux qui les accablait. On ne s’en était pas douté jusqu’alors, mais les suites firent découvrir que ce n’était pas la première fois que cela arrivait, et l’on sut que la plus âgée entretenait l’autre dans les meilleurs sentiments et l’engageait surtout à ne pas s’éloigner de la religion et de ses devoirs envers un Dieu qui les consolerait un jour de tous leurs maux. Je laisse au lecteur à juger de la fureur et des emportements de Curval lorsqu’il découvrit là la belle missionnaire. Il la saisit par les cheveux et, l’accablant d’injures, il la traîna dans sa chambre où il l’attacha à la colonne du lit, et la laissa là jusqu’au lendemain matin réfléchir à son incartade. Chacun des amis étant accourus à cette scène, on imagine aisément avec quel empressement Curval fit inscrire les deux délinquantes sur le livre de punitions. Le duc était d’avis d’une correction subite, et celle qu’il proposait n’était pas douce ; mais l’évêque lui ayant fait quelque objection très raisonnable sur ce qu’il voulait faire, Durcet se contenta de les inscrire. Il n’y avait pas moyen de s’en prendre aux vieilles. Messieurs les avaient ce soir-là toutes fait coucher dans leur chambre. Ceci éclaira donc sur ce défaut d’administration, et on s’arrangea à l’avenir pour qu’il restât toujours assidûment au moins une vieille chez les filles et une chez les garçons. On fut se recoucher, et Curval, que la colère n’avait rendu que plus cruellement impudique, fit à sa fille des choses que nous ne pouvons pas encore dire, mais qui, en précipitant sa décharge, le firent au moins rendormir tranquille. Le lendemain, toutes les poules étaient si effrayées qu’on ne trouva aucune délinquante, et seulement chez les garçons le petit Narcisse à qui Curval avait défendu, depuis la veille. de se torcher le cul, voulant l’avoir merdeux au café que cet enfant devait servir ce jour-là, et qui malheureusement ayant oublié l’ordre, s’était nettoyé l’anus avec le plus grand soin. Il eut beau dire que sa faute était réparable, puisqu’il avait envie de chier, on lui dit de la garder et qu’il n’en serait pas moins inscrit sur le fatal livre : cérémonie que le redoutable Durcet vint faire à l’instant sous ses veux, en lui faisant sentir toute l’énormité de sa faute et qu’il ne faudrait peut-être que cela pour faire manquer la décharge de monsieur le président. Constance, qu’on ne gênait plus sur cela à cause de son état, la Desgranges et Brise-cul furent les seuls qui eurent des permissions de chapelle, et tout le reste eut ordre de se réserver pour le soir. L’événement de la nuit fit la conversation du dîner ; on railla le président de laisser ainsi sauter les oiseaux de sa cage ; le vin de Champagne lui rendit sa gaieté, et on passa au café. Narcisse et Céladon, Zelmire et Sophie, le servirent. Cette dernière était bien honteuse ; on lui demanda combien de fois cela était arrivé, elle répondit que ce n’était que la seconde et que Mme de Durcet lui donnait de si bons conseils qu’il était en vérité bien injuste de les punir toutes les deux pour cela. Le président l’assura que ce qu’elle appelait de bons conseils en étaient de très mauvais dans sa situation et que la dévotion qu’elle lui mettait dans la tête ne servirait qu’à la faire punir tous les jours ; qu’elle ne devait avoir, où elle se trouvait, d’autres maîtres et d’autres dieux que ses trois confrères et lui, et d’autre religion que de les servir et de leur obéir aveuglément dans tout. Et, tout en sermonnant, il la fit mettre à genoux entre ses jambes et lui ordonna de lui sucer le vit, ce que la pauvre petite malheureuse exécuta tout en tremblant. Le duc, toujours partisan des fouteries en cuisses, au défaut de mieux, enfilait Zelmire de cette manière, en se faisant chier dans la main par elle et gobant à mesure qu’il recevait, et tout cela pendant que Durcet faisait décharger Céladon dans sa bouche, et que l’évêque faisait chier Narcisse. On se livra à quelques minutes de méridienne, et s’étant arrangé au salon d’histoire, Duclos reprit ainsi le fil de son histoire :

« Le galant octogénaire que me destinait la Fournier était, messieurs, un maître des comptes, petit, replet et d’une fort désagréable figure. Il établit un vase entre nous deux, nous nous postâmes dos à dos, nous chiâmes à la fois, il s’empare du vase, de ses doigts mêle les deux étrons, et les avale tous deux, pendant que je le fais décharger dans ma bouche. À peine regarda-t-il mon derrière. Il ne le baisa point, mais son extase n’en fut pas moins très vive ; il trépigna, jura tout en gobant et en déchargeant, et se retira en me donnant quatre louis pour cette bizarre cérémonie.

« Cependant mon financier prenait chaque jour en moi plus de confiance et plus d’amitié, et cette confiance, dont je ne tardai pas d’abuser, devint bientôt la cause de notre éternelle séparation. Un jour qu’il m’avait laissée seule dans son cabinet, je remarquai qu’il remplissait sa bourse, pour sortir, dans un tiroir fort large et entièrement rempli d’or. Oh ! quelle capture, me dis-je en moi-même. Et ayant dès cet instant conçu l’idée de m’emparer de cette somme, j’observai avec le plus grand soin tout ce qui pouvait me l’approprier. D’Aucourt ne fermait point ce tiroir, mais il emportait la clef du cabinet, et ayant vu que cette porte et cette serrure étaient très légères, j’imaginai qu’il me faudrait bien peu d’efforts pour faire sauter l’une et l’autre avec facilité. Ce projet adopté, je ne m’occupai plus que de saisir avec empressement le premier jour où d’Aucourt s’absenterait pour tout le jour, comme cela lui arrivait deux fois de la semaine, jour de bacchanale particulière, où il se rendait avec Desprès et l’abbé pour des choses que Mme Desgranges vous dira peut-être, mais qui ne sont pas de mon ministère. Ce favorable instant se présenta bientôt. Les valets, aussi libertins que leur maître, ne manquaient jamais d’aller à leurs parties ce jour-là, de façon que je me trouvai presque seule à la maison. Pleine d’impatience d’exécuter mon projet, je me rends tout de suite à la porte du cabinet, d’un coup de poing je la jette en dedans, je vole au tiroir, j’y trouve la clé : je le savais. J’en tire tout ce que j’y trouve ; il n’y avait pas moins de trois mille louis. Je remplis mes poches, je fouille les autres tiroirs ; un écrin fort riche s’offre à moi, je m’en empare ; mais que trouvai-je dans les autres tiroirs de ce fameux secrétaire !... Heureux d’Aucourt ! Quel bonheur pour toi que ton imprudence ne fût découverte que par moi ! Il y avait de quoi le faire rouer, messieurs, c’est tout ce que je peux vous dire. Indépendamment des billets clairs et expressifs que Desprès et l’abbé lui adressaient sur leurs bacchanales secrètes, il y avait tous les meubles qui pouvaient servir à ces infamies... Mais je m’arrête ; les bornes que vous m’avez prescrites m’empêchent de vous en dire davantage, et la Desgranges vous expliquera tout cela. Pour moi, mon vol fait, je décampai en frémissant intérieurement de tous les dangers que j’avais peut-être courus à fréquenter de tels scélérats. Je passai à Londres, et comme mon séjour en cette ville où je vécus six mois sur le plus grand ton ne vous offrirait, messieurs, aucun des détails qui vous intéressent seuls, vous permettrez que je coule légèrement sur cette partie des événements de ma vie. Je n’avais conservé de commerce à Paris qu’avec la Fournier, et comme elle m’instruisit de tout le tapage que faisait le financier pour ce malheureux vol, je résolus à la fin de le faire taire, en lui écrivant sèchement que celle qui avait trouvé l’argent avait aussi trouvé autre chose, et que, s’il se décidait à continuer ses poursuites, j’y consentais, mais que, chez le même juge où je déposerais ce qu’il y avait dans les petits tiroirs, je le citerais pour déposer ce qui était dans les grands. Notre homme se tut, et comme, six mois après, leur débauche à tous trois vint à éclater et qu’ils passèrent eux-mêmes en pays étranger, n’ayant plus rien à redouter, je revins à Paris, et, faut-il vous avouer mon inconduite, Messieurs ? j’y revins aussi pauvre que j’en étais partie, et si tellement que je fus obligée de me remettre chez la Fournier. Comme je n’avais que vingt-trois ans, les aventures ne me manquèrent pas. Je vais laisser celles qui ne sont pas de notre ressort et reprendre, sous votre bon plaisir, messieurs, les seules auxquelles je sais que vous prenez maintenant quelque intérêt.

« Huit jours après mon retour, on plaça dans l’appartement destiné aux plaisirs un tonneau entier de merde. Mon adonis arrive ; c’est un saint ecclésiastique, mais si tellement blasé sur ces plaisirs-là qu’il n’était plus susceptible de s’émouvoir que par l’excès que je vais peindre. Il entre ; j’étais nue. Il regarde un moment mes fesses, puis, après les avoir touchées assez brutalement, il me dit de le déshabiller et aider à entrer dans le tonneau. Je le mets nu, je le soutiens, le vieux pourceau se place dans son élément, par un trou préparé il en fait au bout d’un instant sortir son vit presque bandant et m’ordonne de le branler malgré les saletés et les horreurs dont il est couvert. J’exécute, il plonge la tête dans le tonneau, il barbote, il avale, il hurle, il décharge, et va se jeter de là dans une baignoire où je le laisse entre les mains de deux servantes de la maison qui le nettoyèrent un quart d’heure.

« Un autre parut peu après. Il y avait huit jours que j’avais chié et pissé dans un vase soigneusement conservé ; ce terme était nécessaire pour que l’étron fût au point où le désirait notre libertin. C’était un homme d’environ trente-cinq ans et que je soupçonnai dans la finance. Il me demande en entrant où est le pot ; je le lui présente, il le respire : "Est-il bien certain, me dit-il, qu’il y a huit jours que c’est fait ? — Je puis vous en répondre, lui dis-je, monsieur, et vous voyez comme il est déjà presque moisi. — Oh ! c’est ce qu’il me faut, me dit-il ; il ne peut jamais l’être trop pour moi. Faites-moi voir, je vous en prie, continua-t-il, le beau cul qui a chié cela." Je le lui présente. "Allons, dit-il, placez-le bien en face, et de manière à ce que je puisse l’avoir pour perspective en dévorant son ouvrage." Nous nous arrangeons, il goûte, il s’extasie, il se renfonce dans son opération et dévore en une minute ce mets delicieux en ne s’interrompant que pour observer mes fesses, mais sans aucune autre espèce d’épisode, car il ne sortit pas même son vit de sa culotte.

« Un mois après, le libertin qui se présenta ne voulut avoir affaire qu’à la Fournier elle-même. Et quel objet choisissait-il, grand Dieu ! Elle avait alors soixante-huit ans faits ; un érésipèle lui mangeait toute la peau, et huit dents pourries dont sa bouche était décorée lui communiquaient une odeur si fétide qu’il devenait comme impossible de lui parler de près. Mais c’étaient ces défauts mêmes qui enchantaient l’amant auquel elle allait avoir affaire. Curieuse d’une telle scène, je vole au trou : l’adonis était un vieux médecin, mais pourtant plus jeune qu’elle. Dès qu’il la tient, il la baise sur la bouche un quart d’heure, puis, lui faisant présenter un vieux fessier ridé qui ressemblait au pis d’une vieille vache, il le baise et le suce avec avidité. On apporte une seringue et trois demi-bouteilles de liqueur ; le sectateur d’Esculape darde, au moyen de la seringue, l’anodine boisson dans les entrailles de son Iris, elle reçoit, elle garde ; cependant le médecin ne cesse de la baiser, de la lécher sur toutes les parties de son corps.

« Ah ! mon ami, dit à la fin la vieille maman, je n’en puis plus, je n’en puis plus ! Prépare-toi mon ami, il faut que je rende. L’écolier de Salerne s’agenouille, tire de sa culotte un chiffon noir et ridé qu’il branle avec emphase ; la Fournier lui cale son gros vilain fessier sur la bouche, elle pousse, le médecin boit, quelque étron sans doute se mêle au liquide, tout passe, le libertin décharge et tombe ivre mort à la renverse. C’était ainsi que ce débauché satisfaisait à la fois deux passions : son ivrognerie et sa lubricité. »

« Un moment, dit Durcet ; ces excès-là me font toujours bander. Desgranges, continue-t-il, je te suppose un cul tout semblable à celui que Duclos vient de peindre : viens me l’appliquer sur la face. La vieille maquerelle obéit. "Lâche, lâche ! lui dit Durcet, dont la voix paraissait étouffée sous ce duplicata de fesses épouvantables. Lâche, bougresse ! si ce n’est pas du liquide ce sera du solide, et j’avalerai toujours." Et l’opération se termine pendant que l’évêque en fait autant avec Antinoüs, Curval avec Fanchon et le duc avec Louison. Mais nos quatre athlètes, ferrés à glace sur tous ces excès, s’y livrèrent avec leur flegme accoutumé, et les quatre étrons furent gobés sans qu’il y eût de part ni d’autre une seule goutte de foutre de répandue. "Allons, achève, à présent, Duclos, dit le duc ; si nous ne sommes pas plus tranquilles, au moins sommes-nous moins impatients et plus en état de t’entendre. — Hélas ! messieurs, dit notre héroïne, celle qui me reste à vous conter ce soir est, je crois, beaucoup trop simple pour l’état où je vous vois. N’importe, c’est son tour ; il faut qu’elle tienne sa place :

« Le héros de l’aventure était un vieux brigadier des armées du roi. Il fallait le mettre tout nu, ensuite l’emmailloter comme un enfant ; en cet état, je devais chier devant lui dans un plat et lui faire manger mon étron avec le bout de mes doigts en guise de bouillie. Tout s’exécute, notre libertin avale tout en décharge dans ses langes en contrefaisant les cris d’un enfant. »

« Ayons donc recours aux enfants, dit le duc, puisque tu nous laisses sur une histoire d’enfants. Fanny, continue le duc, venez me chier dans la bouche, et souvenez-vous de sucer mon vit en opérant, car encore faut-il décharger. — Soit fait ainsi qu’il est requis, dit l’évêque. Approchez-vous donc, Rosette ; vous avez entendu ce qu’on ordonne à Fanny ; faites-en autant. — Que ce même ordre vous serve, dit Durcet à Hébé, qui approche également. — Il faut donc se mettre à la mode, dit Curval. Augustine, imitez vos compagnes et faites, mon enfant, faites couler à la fois et mon foutre dans votre gosier et votre merde dans ma bouche. » Tout s’exécuta, et pour cette fois tout partit ; on entendit de toute part des pets merdeux et des décharges, et la lubricité satisfaite, on fut contenter l’appétit. Mais aux orgies on raffina et l’on fit coucher tous les enfants. Ces heures délicieuses ne furent employées qu’avec les quatre fouteurs d’élite, les quatre servantes et les quatre historiennes. On s’y enivra complètement et l’on y fit des horreurs d’une saleté si complète que je ne pourrais les peindre sans faire tort aux tableaux moins libertins qu’il me reste encore à offrir aux lecteurs. Curval et Durcet furent emportés sans connaissance, mais le duc et l’évêque, tout aussi de sens froid que s’ils n’eussent rien fait, n’en furent pas moins se livrer le reste de la nuit à leurs voluptés ordinaires.

Voir en ligne : 14e journée :
- Les tétons arrosés de foutre

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique du Marquis de Sade, Les 120 journées de Sodome, ou l’École du libertinage, Éd. Club des bibliophiles, Paris, 1904.



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