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Les délices du fouet

Embrasser les pieds de sa maîtresse

Roman érotique (chapitre 5)



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Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.




5

Quand je repris mes sens, miss Bobby m’avait déjà libéré de mes liens, et je me sentis le cœur tout plein de reconnaissance, d’abnégation soumise et d’adoration pour l’incomparable créature qui m’avait terrassé sous sa volonté. Une lave ardente semblait envahir mes veines et je frissonnai, pénétré de vibrantes effluves.

Mon institutrice s’était renversée dans un large fauteuil en osier, et, tout tremblant, honteux d’exposer ma nudité devant cette divine jeune femme, j’allais me précipiter sur mes vêtements pour cacher mes jambes : elle m’arrêta d’un geste.
- Viens ici, me dit-elle, cette fessée t’a été très salutaire, et, prends bien note que maintenant où j’en ai pris l’habitude, je te fouetterai chaque fois que tu m’en donneras l’occasion, et plus sévèrement.
- Oui miss Bobby, répondis-je à mi-voix…
- À présent, dit-elle, pour me remercier de t’avoir si bien fouetté, tu vas m’embrasser les pieds. Prends ton veston, mets-le à terre sous mes pieds et déchausse-moi.

Une émotion indescriptible me saisit et je crus rêver. J’étalai mon veston à terre, comme un tapis, je saisis les petits pieds dans mes mains tremblantes et commençai à déboutonner les élégantes bottines de cuir jaune. Pour me permettre d’enlever ses bas, l’adorable femme releva haut ses jupes, avec un remous de dentelles et de soie, et tandis que je détachais les larges jarretières placées au-dessus du genou, une grisante odeur de fleur m’envahit. Je tirai lentement les longs bas de soie jaune, et les divines jambes, puis les petits pieds impeccables, apparurent à mes yeux enchantés. Ma bouche gourmande s’y posa comme sur de délicieuses friandises et je ne trouvai pas assez de baisers pour les boire et les manger.

Mon adorée sembla sensible à cette fougueuse caresse et se renversa dans son fauteuil avec un sourire, tandis que ses cils battaient. Elle croisa ses jambes, soulevant un de ses mignons petits pieds, qui se trouva à la portée de mes lèvres.
- Écoute, me dit-elle, je vais t’enseigner comment un amant ivre d’amour doit embrasser les pieds de sa maîtresse. Prends d’abord l’orteil tout entier dans ta bouche et suce-le comme une praline.

Je happai l’adorable objet, qui se détachait des autres doigts et se relevait d’un petit air impertinent. Il avait un ongle brillant et nacré comme un pétale de fleur humide de rosée matinale.
- Très bien ! fit mon initiatrice. Maintenant, prends chaque doigt l’un après l’autre de la même façon.

Je me précipitai aussitôt sur toute la série des merveilleux bibelots, si fins et si délicats, jusqu’au petit dernier, un bébé tout rose qui avait l’air de dormir.
- Oh, mais parfait ! dit la jeune femme. Maintenant, entre chaque doigt, fais glisser ta langue en la promenant de haut en bas, puis, enfonce ta langue jusqu’au fond et frappe à petits coups, tac, tac, tac.

À cette caresse que j’exécutai avec passion, elle eut des secousses accompagnées de petits rires nerveux.
- La plante des pieds maintenant et le talon, dit-elle, en soulevant son mignon petit pied, l’offrant à ma caresse.

J’y découvris de nouvelles beautés, une gracieuse cambrure et un talon poli comme l’ivoire, et vermillonné de pourpre.
- C’est tout à fait bien. Tu es un artiste, me dit l’adorable jeune femme. Maintenant la même chose à l’autre pied. Voyons si tu as bien retenu la leçon.

Elle changea de position, m’inondant à nouveau de parfums capiteux, et ce furent encore les mêmes délices que savoura ma bouche avide.
- Allons, tu t’es distingué, fit mon amie. Tu seras un amoureux parfait. Maintenant prends ton mouchoir, essuie mes pieds et rechausse-moi.

Religieusement, du petit mouchoir en batiste que j’avais tout frais dans ma poche, j’essuyai les délicates merveilles, avec des soins infinis. Je regrettai de les voir disparaître dans les longs bas de soie et les coquettes chaussures. Miss Bobby se releva, secouant ses jupes. Je m’habillai à la hâte et redescendis avec elle les longs escaliers ; puis je me réfugiai dans ma chambre.

Mes timbres étaient encore là tout emballés, prêts à être emportés, et je me mis à les reclasser sans savoir au juste ce que je faisais. Mon esprit restait sous le coup des poignantes émotions que je venais de traverser. J’étais subjugué par l’adorable maîtresse qui avait brisé ma volonté et je me sentais enchaîné à elle de tout mon être. Ma chair brûlait, enflammée par l’énergique correction, et un sang ardent coulait dans mes veines, me procurant une délicieuse sensation de bien-être.

Cet état me fit voir la correction sous un aspect lascif et plein d’attrait. J’étais hanté également par les délicieux petits pieds de miss Bobby, dont ma bouche avait conservé le goût de fruit savoureux et parfumé. Dans ma naïveté de garçon de quinze ans, élevé par des femmes, je me figurai que j’étais devenu l’amant de miss Bobby et qu’elle s’était donnée à moi en offrant à ma bouche ses ravissants petits pieds. Les caresses savantes et compliquées qu’elle m’avait enseignées, représentaient à mon idée tout le mécanisme de l’amour, et les pieds de la femme sa plus secrète intimité.

J’aurais voulu revivre encore ces délicieux moments ; mais, subjugué par ma sévère et ravissante maîtresse, je tremblais à son moindre geste, obéissant comme un esclave à ses volontés. Ainsi je ne lui fournis pas la moindre occasion de me punir, et elle en profita pour m’infiltrer beaucoup de science et pour se faire servir par moi avec la plus entière humilité.

Quatre mois après cette mémorable correction, miss Bobby ayant terminé son stage au château, nous quitta pour retourner en Angleterre. Ce départ fut pour moi un chagrin aussi grand que ma séparation d’avec ma sœur Louisette.

Ma tante avait décidé de me faire suivre les cours de l’Université de Rennes et m’installa dans la ville antique, chez un vieux professeur, qui me logea dans une modeste chambre.

Je m’ennuyais à périr entre les murs de la sombre ville, après le séjour en plein air, au château de ma tante ; les premiers mois, je ne vécus que du souvenir de miss Bobby. J’avais religieusement gardé le fin mouchoir de batiste qui avait essuyé les adorables petits pieds et, pendant mes nuits d’insomnie nerveuse, où ma chair assoiffée réclamait la bienfaisante morsure, cette pieuse relique me consolait.

Mais les verges me manquaient terriblement. Ma passion de leur caresse s’était encore accrue depuis les révélations inattendues des délirantes sensations, éveillées par la magie de miss Bobby, et je cherchais l’idole lumineuse qui les animerait à nouveau sur ma chair. Après avoir désespéré pendant toute une année, la chance, enfin, me favorisa, et mon séjour dans la triste ville universitaire s’illumina de la présence d’une radieuse fée, doublée d’une flagellante.

J’avais remarqué, à diverses reprises, une amazone superbe, caracolant à la promenade sur un magnifique pur-sang qui se cabrait sous sa cravache. Je fus très frappé de la manière dont l’altière créature s’y prenait et tandis que je la regardais très ému, elle me fixa de ses yeux phosphorescents. Je cherchai l’occasion de faire sa connaissance et le hasard me vint en aide. Je fus présenté à elle dans la famille d’un de mes camarades.

Je me sentis littéralement fasciné. Elle s’appelait Mme de Vridesviller et était veuve d’un officier supérieur. Je ne m’occupai pas de son âge ; elle pouvait avoir quarante-quatre ou quarante-cinq ans ; ce qui me frappa, c’est l’ascendant qui émanait d’elle.

Son allure trahissait un tempérament autoritaire et sa parole semblait n’admettre ni réplique ni contradiction. Pendant toute une semaine, je rêvai chaque nuit qu’elle me fouettait sans pitié. Je me renseignai discrètement et j’appris qu’elle habitait, au bout de la ville, une maison isolée, entourée d’un vaste jardin. Sa réputation était celle d’une femme tyrannique, menant ses domestiques à la cravache, comme de vils esclaves. On me raconta l’histoire d’un jeune homme qui était entré chez elle en qualité de secrétaire et qu’elle avait, au bout de quelques mois, abaissé au rôle avilissant de valet chargé des plus basses besognes. On disait aussi que la camériste et les garçons d’écurie étaient fouettés sévèrement par elle pour les moindres fautes et obligés de souscrire à cette condition à leur entrée en service.

Ces histoires excitèrent mes sens au suprême degré et j’imaginai la magistrale flagellante que devait être Mme de Vridesviller.

À ma seconde rencontre avec l’altière dame dans la maison de mon camarade, je fus littéralement hypnotisé par sa présence. Elle s’intéressa à moi, et les questions qu’elle m’adressa sur ma famille, mon enfance et mon genre d’existence, me firent perdre la tête. Je balbutiai et fis des réponses incohérentes. Elle me rappela à l’ordre d’un ton sec qui me fit frissonner.

Mon émotion augmenta quand elle m’invita à lui rendre visite le jeudi suivant. Je crus avoir mal entendu, mais, en partant, elle renouvela son invitation sous forme d’ordre.

Durant toute la semaine, je fus comme sous l’action d’une suggestion de la grande dame. Mme de Vridesviller semblait présider, invisible, à tous mes actes, en les critiquant, et cette obsession avait quelque chose de pénible et de voluptueux en même temps, ses critiques me conduisant inévitablement à une rude volée de coups de verges.

Le jeudi redouté et pourtant ardemment désiré, arriva enfin, et pendant le chemin, fort long, qui me conduisait à la demeure écartée, je me creusais la tête pour savoir comment je pourrais bien m’y prendre pour révéler ma passion pour les verges.

Dès que je fus en présence de l’impérieuse dame, je perdis tous mes moyens, ne sachant plus que balbutier des choses incohérentes. Elle sembla s’amuser de ma détresse et l’augmenta en dardant sur moi de foudroyants regards et en appuyant sur mon épaule sa main qui me faisait fléchir. Elle me fit les honneurs de sa maison, très confortable. Ayant aperçu, dans une pièce que nous traversâmes, plusieurs longues et souples verges, je vacillai sur mes jambes, secoué d’un frisson. Elle se rendit compte de mon émotion et déjà j’avais sur les lèvres la phrase décisive qui me brûlait la langue et que mon hôtesse paraissait attendre, mais quelque chose de plus fort que moi me terrassait, et ma bouche resta muette.

La belle dame, alors, jugeant que je n’aurais jamais le courage de dire ce qui me tourmentait, voulut me faciliter la voie par des allusions directes dont il m’eût été facile de profiter. Mais ces allusions mêmes, dans la bouche de l’altière femme, augmentèrent à tel point mon émotion, que je perdis totalement contenance, ne pouvant plus proférer un seul son.

Un peu exaspérée par mon attitude ridicule, elle prit brusquement congé et me mit à la porte.

Voir en ligne : Recevoir une bonne fessée (chapitre 6)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.



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