Anonyme, La Chandelle de Sixte-Quint ou Une aventure photographique, Éd. Le Baucher [A. Brancart], Montréal [Amsterdam], 1893.
Une aventure photographique
La Chandelle de Sixte-Quint (XII)
« Le soir amena pour ma jolie compagne et moi une nouvelle suite d’orgies amoureuses commencées dans un cabinet particulier où nous fîmes mille folies, entre autres celle de lui mettre un bonbon dans le con et d’aller l’y chercher avec ma langue, ce dont elle m’offrit la réciproque en léchant de sa langue rose mon vit qu’elle avait enduit de crème à la vanille… Jamais je n’avais vu une femme apporter tant d’intelligence, tant de grâce à pratiquer les cochonneries les plus raffinées, et cela sans avoir l’air d’y toucher.
Le lendemain matin, je me trouvais au lit avec elle, repassant en mon esprit toutes les jouissances de ces deux jours. Etait-ce un rêve ?… Ce qui n’en était certes pas un, c’était cette bouche que je baisais, ces tétons sur lesquels ma main s’arrondissait, ce con où je glissais un doigt, en un mot, cette délicieuse femme aux chairs fermes et parfumées que mon baiser venait de réveiller et qui me livrait en souriant son corps.
Elle me le livrait ; car ainsi que me l’avait dit mon ami, c’était par vocation qu’elle s’adonnait à la lubricité comme d’autres à la religion. Sa position civile lui permettait de faire de l’art pour l’art. Elle ne refusait pas les cadeaux que lui valaient ses charmes (quelle est la femme qui en refuse ?), mais elle ne les sollicitait jamais, satisfaite d’employer ses appas et sa science de l’amour à faire jouir qui lui plaisait et d’en recevoir la réciprocité, confiante dans la galanterie de l’amant qu’elle honorait de ses faveurs. » (La Chandelle de Sixte-Quint ou Une aventure photographique).
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La Chandelle de Sixte-Quint (XI)
« Tous ces détails sembleraient superflus s’ils n’avaient un but : celui de faire partager à mes lecteurs et à mes lectrices mon étonnement sans cesse renouvelé de rencontrer tant de distinction, de manières alliées à une perversité, à une impudicité capables d’inspirer les écarts auxquels elle se livrait avec une si charmante désinvolture.
Dans le cabinet où j’étais passé se trouvait tout le nécessaire pour la toilette. Mon vit y fut dévêtu de sa peau artificielle et la jeune femme vint m’y retrouver son pantalon à la main pour le remettre.
Pas encore… lui dis-je en l’embrassant.
Quoi ?… Vous voulez… encore…
Oui ; tout à l’heure, quand nous serons seuls…
Gourmand…
L’artiste rentrait à ce moment. Il nous déclarait que jamais cliché n’avait été si bien réussi pour l’expression. Et, en effet, le lendemain j’en vis des épreuves : impossible de peindre d’une façon plus saisissante le délire reflété par la physionomie d’un amant dans cette minute précise où s’élance son sperme… et l’extase de la femme qui en reçoit, en se pâmant, la brûlante ondée… » (La Chandelle de Sixte-Quint ou Une aventure photographique).
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La Chandelle de Sixte-Quint (X)
« Force me fut donc de revêtir mon membre de la chandelle de Sixte-Quint rose… Entourant alors la taille de ma compagne, je la pousse sur la chauffeuse où elle reprend sa posture de tout à l’heure et moi la mienne entre ses jambes. Pareille est la posture, mais tout autre est notre rôle, tout autre est ma fonction qui devient délicieuse. Plus de contrainte, plus de frein… Libre carrière à la fougue de mes désirs… Vite je me plonge dans son con où la main elle-même de ma jolie baiseuse guide mon vit impatient, puis, saisissant sous mes bras ses deux jambes, je l’enfile avec fureur et la vois bientôt tomber en extase amoureuse… L’artiste met au point comme il peut… Plus rien ne m’arrête… Je suis au comble de la jouissance… Le cul de ma compagne répond à mes coups ; ses reins se tordent ; ses bras potelés se croisent sur mon dos… ses yeux voilés ne montrent plus que leur blanc ; sa bouche desserrée laisse voir ses jolies dents… Je sens ses bras se crisper autour de moi, ses doigts me labourent les reins… Oh… Quelles délices !… Je jouis… Je vais décharger… Un cri s’échappe de nos lèvres et la décharge s’élance en jets brûlants… Confusément j’entends l’obturateur fonctionner, l’artiste se retirer avec la plaque où la lumière a fixé notre spasme… et nous restons anéantis. » (La Chandelle de Sixte-Quint ou Une aventure photographique).
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La Chandelle de Sixte-Quint (IX)
« En impudicité, le retroussé l’emporte encore sur le nu. Mon ami ne faisait jamais le nu complet, mais priait toutes les jolies femmes qui voulaient bien poser devant lui à poil de garder leurs bas et leurs bottines ; semblable à ce lord qui ne voulait voir au lit auprès de lui ses maîtresses sans leurs bas et leurs jarretières. En effet, une femme dans une nudité absolue ne date pas ; son corps est celui d’une femme quelconque à une époque indéterminée, et la reproduction des parties secrètes nous émotionne moins ; c’est une question d’anatomie. Les gravures de Jules Romains nous laissent assez froids pour cette raison. Quelle différence quand une fine bottine chaussant le pied mignon, un bas moulant un joli mollet, une jarretière élégante le retenant au-dessus du genou et tranchant sur la peau de la cuisse nue, nous rappellent que cette femme est notre contemporaine, qu’elle vient de se déshabiller exprès pour se montrer nue et commettre les impudicités dans lesquelles elle ose s’exhiber, puis qu’ensuite, rhabillée, vous pourrez peut-être la coudoyer dans la rue, voire même la suivre, surtout s’il pleut et qu’elle laisse voir un peu sa jambe comme pour donner aux hommes l’envie de connaître le reste, qu’on se représente en la déshabillant du regard et qu’elle vient de livrer à l’indiscrétion de l’objectif. — Dans le retroussé, dans l’image d’une dame relevant ses jupons pour montrer ce qu’ils cachent de plus secret, les qualités recherchées dans un tableau lascif sont au moins aussi manifestes, car l’intention impudique y est absolument évidente… Que dire quand c’est l’original lui-même qu’on a devant soi ?… » (La Chandelle de Sixte-Quint ou Une aventure photographique).
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La Chandelle de Sixte-Quint (VIII)
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La Chandelle de Sixte-Quint (VII)
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La Chandelle de Sixte-Quint (VI)
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La Chandelle de Sixte-Quint (V)
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La Chandelle de Sixte-Quint (IV)
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La Chandelle de Sixte-Quint (III)
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La Chandelle de Sixte-Quint (II)
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La Chandelle de Sixte-Quint (I)