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Nouvelles érotiques

Dernier ajout – vendredi 15 janvier 2010.

Littérature érotique : Nouvelles érotiques libres et gratuites des écrivains et poètes libertins du XVIIIe, XIXe et XXe siècles.



  • Nouvelle érotique

    Métamorphose

    Le plug

    par Soumise B.

    « Mon Maitre s’approche, me murmure à l’oreille, pose sa main sur ma croupe et glisse la cravache sur mon sexe, ses gestes sont lents, il peigne ma crinière, il écoute respirer mon excitation et sent mon corps raide tout le long de mes hanches. Mon Maître pince fort mon téton, pour me calmer, mais il amplifie le trouble. Mes yeux le dévorent. Je sens le désir me brûler le corps, mes muscles se nouent, mon corps durcit.
    Sa main caresse doucement mon cul, une claque ferme vient chauffer mon galbe… Je suis offerte, mon bouton magique durcit, mon sexe mouille… Mon anus se dilate… Mon Maître aide la transformation en m’enfilant — sans hésiter malgré mes gémissements — le plug » (Soumise B., Métamorphose).


  • Nouvelle érotique

    Tu arrives de si loin…

    Revue Florica, été 1992

    par Albert-Marie Guye

    « La fille de braises noires avait appris à Andrew à faire l’amour avec les mots parlés. À faire en sorte que les mots d’amour fassent même l’amour entre eux… Jamais deux êtres n’avaient partagé une telle complicité physique. Leurs yeux faisaient l’amour. Leurs cœurs faisaient l’amour. Leur esprit faisait l’amour. Le plus occulte et le plus insondable de leurs âmes faisait l’amour… Faire l’amour ? Non pas en fait, non pas seulement. C’était plutôt faire les amours. Andrew était expert en amour suggéré, en amour latent, en amour abstrait. Puis ses mains mimaient et concrétisaient, sur le corps de Djemila, l’évolution subtile de son désir. Andrew était l’alchimiste, et le corps de Djemila l’athanor (le foyer) où tout prenait feu.
    Leurs parties d’amour, en général et sauf ce soir-là où Djemila avait exceptionnellement et furieusement brûlé les étapes, demandaient plusieurs heures. Plusieurs orgasmes consacraient de part et d’autre plusieurs appréhensions de l’amour physique. Mais toujours, c’était Djemila qui concluait ce jeu de fournaise par une apothéose ; Djemila qui se redressait, se dominait et dominait l’homme qui, Andrew qui, chevauché, gémissait là, imaginant tout à coup, ou plutôt se demandant de quelle façon ses ancêtres les préhominiens faisaient l’amour…
    Et lorsque Djemila, repu d’orgasmes et le ventre chaud de la sève d’Andrew, se laissa tomber sur son torse ébloui de jouissance et sur sa bouche encore dévorante ; elle crut entendre cette curieuse prière haletante de supplication :
    - Ma chérie, n’évolue plus !... Tu es née voici près de soixante-dix millions d’années… Oh ! Mon amour, tu es parfaite, n’évolue plus !... Reste comme çà, tu es sublime… Arrête-toi, n’évolue plus ! Repose-toi sur moi : tu arrives de si loin !... » (Albert-Marie Guye, Tu arrives de si loin…).


  • La fille qui n’aimait pas ses seins

    Les bons comptes

    Thebookedition.com (2009)

    par Aline Tilleul

    « Le premier coup fut comme une poignée de sel sur son plaisir naissant. Comme un coup d’éperon sur le chemin de la jouissance. Tout irait bien.
    Le second coup la cingla peut-être plus fort. Douleur ou plaisir ? Elle choisit "plaisir" mais dut faire un effort.
    Au troisième coup, elle eut mal. Elle remonta un genou le long du tronc, pour mieux sentir sa dureté sur le bas de son ventre, et l’excitation de son clitoris transfigura la brûlure du fouet. Le plaisir revenait, un cran plus haut.
    Le quatrième coup lui fit vraiment peur. Elle perdit pied et laissa échapper un gémissement de douleur. Il marqua une pause, comme pour jouir de sa plainte, et elle profita de ces secondes de répit. Frottant son buste contre le tronc, elle libéra le plein de sa poitrine des bonnets du soutien-gorge. Sous le lin du chemisier, elle sentait maintenant le tronc qui coulissait, dur, entre ses seins qu’elle apprenait à aimer, comme le jour où il avait vidé son sperme dans le creux de sa gorge. Cette bulle de souvenir colora de nouveau de jouissance la brûlure qui lui mangeait la chaire. Elle appela de toutes ses forces le cinquième coup.
    Il vint, et brisa son espoir. Elle ne tiendrait jamais vingt coups. Dans la course entre le plaisir et la douleur, le plaisir lâchait prise, et toute la force de son imaginaire n’y pourrait rien. Il lui manquait quelque chose, le si terrible, si bon, si profond réel : sa queue ! sa queue ! sa queue ! sa queue ! Elle capitula.
    - Enculez-moi, supplia-t-elle. Enculez-moi ! Je vous en prie, enculez-moi !
    Cela ne faisait pas son affaire, à lui. Il s’imagina un instant, le pantalon baissé sur les chevilles, ahanant contre sa proie attachée à un arbre : une tout autre référence cinéphilique que Belle de jour, et pour tout dire une image assez déplaisante.
    - Ce n’est pas du tout ce que nous avions convenu !
    Et le sixième coup s’abattit. Cette fois elle sanglota :
    - Encule-moi ! Oh, je t’en supplie, encule-moi, j’ai trop mal ! Encule-moi ! » (Aline Tilleul, Les bons comptes).


  • Convocation pour un salope

    Sur les traces d’une esclave sexuelle

    Nouvelle érotique (2009)

    par Sébastien Giuliani

    « En dépit de ton amour immodéré pour les queues et pour leur jouissif élixir (qui d’ailleurs pour toi ne se peut conjuguer qu’au pluriel : ton intérêt pour les verges croit avec leur nombre !), tu ne dédaignes jamais une bonne occasion de varier les plaisirs : Lesbos ne t’est point étrangère, loin de là ! Quoi de plus rassasiant qu’une cramouille bien goûteuse, bien dégoulinante, offerte à ta buccale avidité ! Ton habitude de te mettre en proskinèse devant des phallus roides et turgescents (afin de les sucer, d’extraire leur semence, de t’en gaver, de t’en goinfrer !) perdure dans ta dévotion envers chattes et culs féminins. La place de ton visage se situe exclusivement entre les cuisses de tes partenaires. C’est à genoux, la bouche à hauteur d’un sexe, mâle ou femelle, ou d’un anus bien rond, bien alléchant, que ta vraie nature se révèle : ta vraie nature de salope ! Ce serait nier ta plus profonde intimité que de refuser à quiconque le plaisir que ta bouche seule sait procurer : la Reine des fellations est aussi la Reine des cunnilingus et des anilingus ! Suceuse de bites, lécheuse de cramouille, lécheuse de trous du cul ! Ta bouche est faite pour satisfaire les passions animales de chacun et de chacune, la tienne se déclinant en ta voracité bucco génitale. Tu ne mérites aucun respect, comme toute les salopes ; et en plus, tes prestations sont gratuites ; tu aimes tant ça que tu ne songes même pas te faire payer ! Pourquoi se priverait-on de toi ? À tout instant du jour et de la nuit, tu es disponible, avec n’importe qui ! » (Sébastien Guiliani, Sur les traces d’une esclave sexuelle)


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Notes

[1] Cette nouvelle fut d’abord publiée en septembre 1876 dans la revue russe Le Messager de l’Europe sous le titre : « Bains de mer en France ».

[2] Cette nouvelle fut d’abord publiée en septembre 1876 dans la revue russe Le Messager de l’Europe sous le titre : « Bains de mer en France ».

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