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Mémoires de Dolly Morton

Dernier ajout – samedi 3 mai 2008.

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Jean de Villiot - Mémoires de Dolly Morton (Pdf)
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Jean de Villiot, Mémoires de Dolly Morton, in En Virginie (Épisode de la guerre de sécession, précédé d’une étude sur L’Esclavage et les punitions corporelles en Amérique, et suivi d’une Bibliographie raisonnée des principaux ouvrages français et anglais sur la flagellation), Éd. Charles Carrington, Paris, 1901, pp. 1-186.


  • En Virginie : Épisode de la guerre de sécession

    Les suites d’une flagellation

    Mémoires de Dolly Morton (Chapitre XI)

    par Jean de Villiot

    « Je fut épouvantée en me sentant saisir par deux hommes tandis qu’un troisième me relevait mes jupes et m’arrachait mon pantalon. Miss Dean subissait le même sort. Nos vêtements étaient attachés de telle sorte que le bas de notre corps était exposé nu aux regards de ces misérables.
    Ils se mirent à plaisanter, se questionnant l’un l’autre sur notre virginité probable, faisant des comparaisons entre nos deux corps, et devisant sur notre aspect général.
    Une longue corde fixa solidement nos bras le long de notre corps, puis ils nous soulevèrent et nous fûmes placées à califourchon, face à face, sur le haut de la barrière. Nous reposions sur l’extrémité des pointes de cette balustrade. De chaque côté des piquets avaient été plantés, où furent solidement attachées nos chevilles, puis nos jupes furent baissées.
    Stevens nous regarda alors en souriant d’un air narquois.
    - Maintenant que vous êtes bien on selle, nous allons vous quitter ; dans deux heures, un de nos amis viendra vous aider à mettre pied à terre. Il est très probable que vous serez fort endolories, et aurez renoncé à jamais à vos théories anti-esclavagistes. » (Jean de Villiot, En Virginie).


  • En Virginie : Épisode de la guerre de sécession

    Abominable forfait

    Mémoires de Dolly Morton (Chapitre X)

    par Jean de Villiot

    « Rosa ne répondit rien. Des sanglots étouffés lui poignaient la gorge. Elle avait trouvé une vieille veste de cuir dont elle cherchait à se couvrir. Stevens s’en aperçut.
    - Bas le masque ! cria-t-il. Cette parure pour somptueuse qu’elle soit, est indigne de votre beauté !
    Il se leva, lui arracha l’oripeau dont elle couvrait éperdument ses soins et revint s’asseoir en ricanant.
    Tant que dura le repas, celui que Stevens avait appelé James ne quitta pas des yeux le corps merveilleux de Rosa. Son regard paraissait détailler complaisamment des charmes dont la possession lui était assurée et si, parfois, ce regard se portait sur son chef, c’était chargé de jalousie et d’envie. La douleur seyait, d’ailleurs, la beauté de l’enfant et on eût dit que la hutte était chaude de son corps, parfumée du capiteux relent de sa virginité éplorée. » (Jean de Villiot, En Virginie).

  • En Virginie : Épisode de la guerre de sécession

    Jack Stevens

    Mémoires de Dolly Morton (Chapitre IX)

    par Jean de Villiot

    « Stevens épaula sa carabine :
    - Halte, la belle ! cria-t-il. Bien que myope le jour, je suis nyctalope la nuit, et sais diriger sur le but un lingot de plomb. Allons ! pas tant de façons et suis-nous.
    Cernée maintenant par les trois hommes, l’enfant sentit que toute résistance devenait impossible. Rouge de confusion, angoissée de terreur, elle joignit les mains :
    - Soyez bons, messieurs, soyez cléments… ayez pitié ! Je ne suis qu’une enfant… Une pauvre petite esclave qui n’a pas encore quinze ans !…
    Les yeux des trois hommes étincelèrent :
    - Pas quinze ans ! — s’exclama Stevens dont l’autorité paraissait régler les actions et les paroles de ses compagnons — Pas quinze ans ! Mais alors, c’est une friandise… un fruit mûr a point, dans lequel personne n’a encore mis les dents !… Par nombril de Jacob ! Vous y goûterez, camarades… après moi !
    Tout espoir s’évanouissait, mais le courage revenait à l’enfant :
    - Eh bien ! dit-elle, tuez-moi ! Je ne vous suivrai pas !
    Et Rosa, croisant sur sa poitrine ses mains tremblantes, s’accroupit dans l’herbe froide que mouillait la rosée des nuits. » (Jean de Villiot, En Virginie).

  • En Virginie : Épisode de la guerre de sécession

    L’Exécution d’une sentence

    Mémoires de Dolly Morton (Chapitre VIII)

    par Jean de Villiot

    « Stevens continua de frapper ; chaque coup tombait au-dessous du précédent, et la peau était maintenant toute zébrée. Le corps de la suppliciée s’agitait en soubresauts convulsifs : ses dents claquaient. La terrible baguette continuait son horrible office. J’aurais voulu crier, j’étais stupéfaite du courage de mon amie. Chaque coup me faisait bondir ; les raies rouges se multipliaient. Le sang commençait à sourdre et à couler le long de ses cuisses ; elle tournait la tête chaque fois, ses yeux horrifiés suivaient le bras de l’homme. Enfin la brute cessa de frapper et jeta la baguette dont le bout était tout déchiqueté. Puis, se baissant, il examina attentivement les marques le la correction.
    La surface entière de la peau était rouge et barrée de marques livides qui s’entre-croisaient en tous sens ; le sang coulait abondamment et contrastait avec la blancheur immaculée des cuisses.
    Cinquante coups au moins avaient été donnés.
    - Là ! dit Stevens, je suppose qu’elle en a assez. Je l’ai peu ménagée comme vous pouvez vous en rendre compte. Il est probable qu’elle ne pourra s’asseoir aisément de quelques jours, et je doute fort que les marques disparaissent jamais. » (Jean de Villiot, En Virginie).


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