Auteur : Jean de Villiot
Mots-clés : Fessée | Flagellation
Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.
Les délices du fouet
Roman érotique (chapitre 15)
par Jean de Villiot« La belle statue vivante s’était transformée en lionne sanguinaire ; sa longue crinière d’or liquide flottait au vent comme un drapeau ; elle courut au fond de la chambre chercher une verge neuve. Ce que fut cette flagellation, aucun mot ne saurait l’exprimer. Elle me resta longtemps dans l’esprit comme un effrayant cauchemar. Je ne pus analyser mes sensations, car j’étais saisi, enlevé, entraîné, comme en un tourbillon ; tout mon corps, déchiré, piqué, lacéré et haché menu, semblait s’éparpiller de miettes sanglantes, et mon âme lutter contre mille poignards enflammés.
Tout à coup, avec un long cri strident, la tête renversée et les bras battant l’air, la barbare fouetteuse s’écroula comme une masse. Ce fut la fin de mon martyre. La jeune soubrette parut, se précipitant sur sa maîtresse avec un flacon de sels, une bassine d’eau et une éponge, lui tamponnant le front et lui faisant respirer les sels.
Pauvre miss, fit-elle avec compassion, j’ai peur qu’elle ne reste dans une de ces crises. Cette damnée flagellation nous la tuera.
La belle évanouie fit un mouvement, puis souleva lentement les paupières :
Lisette, dit-elle d’une voix faible, découvrez le lit, je suis brisée. Elle se leva péniblement et s’appuyant sur le bras de sa camériste, se dirigea vers le lit.
Oh, Lisette, si tu savais comme c’était bon ! murmura-t-elle. » (Jean de Villiot, Les délices du fouet).
Les délices du fouet
Roman érotique (chapitre 14)
par Jean de Villiot« Je lui remis la petite pièce d’or, qu’elle empocha avec une évidente satisfaction.
Comment la voulez-vous, ordinaire ou un peu forte ?
Plutôt un peu forte, dis-je.
Très bien, répondit-elle ; j’en ai l’habitude. Arrangez seulement vos vêtements afin qu’ils ne me gênent pas.
La jeune fille aux yeux bleus fouilla dans un placard et en retira une corde et une baguette de jonc, fine et souple, pendant que je me mettais en état. Après avoir posé un coussin sur une chaise, elle me fit pencher dessus et, avec la corde, entoura les pieds de la chaise, y fixant mes poignets et mes chevilles avec beaucoup d’ingéniosité et d’adresse. Puis, se plaçant à bonne distance pour avoir l’élan nécessaire, elle se mit à me cingler à tour de bras.
C’était la première fois qu’une baguette de jonc claquait sur ma peau et la sensation en était imprévue. Fort différent des verges et des cravaches, le jonc avait quelque chose de sec et de moins pénétrant, et la surface de ma peau s’engourdissait sous le battement. Mais, bientôt, la gentille fouetteuse augmenta de vigueur, et je me cabrai poussant de petits gémissements étouffés, tout en admirant la jolie enfant, dont les joues se coloraient en rose et dont les yeux brillaient d’un éclat étrange. Sans tenir compte de mes supplications, elle continuait d’une main ferme, prolongeant mon martyre avec une ténacité féroce. La baguette commençait à se faire terriblement sentir et je me tordais désespérément sons les vigoureuses cinglades, lorsque tout à coup, la fouetteuse se déploya comme en une folie, me brisant sous une volée de coups appliqués avec la dernière énergie. Elle s’épuisa dans ce suprême effort et dut s’asseoir pour reprendre haleine avant de me libérer des affreuses cordes qui me coupaient la chair. » (Jean de Villiot, Les délices du fouet).
Les délices du fouet
Roman érotique (chapitre 13)
par Jean de Villiot« Et vous êtes très sévère ? demandai-je. Votre nom de Clémence ne le ferait pas supposer.
Elle rit.
Mon nom et mon caractère sont les deux extrêmes, alors jugez ; et si c’est la sévérité que vous cherchez, sachez que je suis inexorable et toute disposée à vous en donner tout de suite la preuve cinglante.
Est-ce votre spécialité ? demandai-je en riant à mon tour.
J’applique tous les genres de flagellation avec la même passion ; mais ce qui fait mon succès à Londres, c’est la flagellation voluptueuse, ce qu’on appelle ici « French Method » pour vous renvoyer la balle, car vous ne l’ignorez pas, la flagellation est communément désignée en France sous le nom de « méthode anglaise ». On ne pratiquait pas, avant moi, en Angleterre, la flagellation voluptueuse, qui est un mélange de coups de fouet et de caresses. On ne connaissait que la correction sévère, fort simple, car il suffit alors d’attacher le coupable sur un banc et de lui administrer une fessée plus ou moins vigoureuse, et tout est dit. La flagellation voluptueuse, au contraire, varie à l’infini suivant la science, la fantaisie et le caprice de la flagellante. Son leitmotiv est l’adoration suprême de la femme sous le feu des verges, et les scènes en sont très poétiques. Il y a d’abord la leçon d’amour, où je fais la maîtresse, et une jeune fille remplit le rôle de l’amante adorée. Elle est divinement belle, parfaite, de la pointe de ses cheveux jusqu’aux ongles de ses petits pieds. J’enseigne, les verges à la main, les caresses les plus rares, spéciales à chaque pétale de la fleur féminine, depuis la nuque parfumée jusqu’aux adorables petits pieds, en s’arrêtant à toutes les radieuses merveilles de la route. Chaque caresse vaut à l’initié quelques coups de verge ; enfin, pendant l’enlacement final, c’est la rude fessée, terminée par quelques fameux coups de cravache qui vous envoient râlant de joie au septième ciel.
Les paroles de la délicieuse jeune femme m’avaient excité au suprême degré et je tremblais de tous mes membres. Ma belle interlocutrice s’en aperçut et me dit :
Comme vous êtes passionné ! vous frissonnez déjà. Que sera-ce donc lorsque vous y serez ? » (Jean de Villiot, Les délices du fouet).
Les délices du fouet
Roman érotique (chapitre 12)
par Jean de Villiot« Quand je fus bien étalé sur le billot, le révérend se mit activement, non à me fouetter, mais à la balader sur ma chair rebondie. J’éprouvai bientôt un chatouillement qui me fit remuer et me secouer, l’excellent vieux crut que je me tordais de douleur…
Courage, courage, me dit-il. Je faillis éclater de rire.
Il s’arrêta. Le balayage auquel il avait procédé n’avait été, paraît-il, qu’une préparation, car il me dit :
Maintenant, tenez bien. Je vais vous appliquer cinquante coups. Ne bougez pas, sinon je recommence.
Je n’avais nulle envie de bouger. Les coups qu’il compta à haute voix, n’étaient pas plus terribles que son balayage. Il les lançait avec un certain chic, la verge sèche avait quelque chose d’électrique et de vibrant, et ces coups espacés, en se répétant, fouettaient le sang à fleur de peau, procurant une délicieuse sensation. Je palpitais comme sous une douche chaude et pénétrante battant en gouttelettes sur ma peau, et lorsque le cinquantième coup fut tombé, je regrettai presque de ne pas avoir à en recevoir cinquante autres. Ce cher Philidor ne m’avait pas trompé, le clergyman était vraiment un artiste. Il me félicita de mon endurance et remit dans le coin son balai, qu’il devait promener de collège en collège.
En sortant de la chambre des punitions, il me sembla sortir d’un bain de vapeur ; je ris de mes terreurs, ce n’était vraiment pas la peine de se défendre. » (Jean de Villiot, Les délices du fouet).
Les délices du fouet
Roman érotique (chapitre 11)
par Jean de Villiot
Les délices du fouet
Roman érotique (chapitre 10)
par Jean de Villiot
Les délices du fouet
Roman érotique (chapitre 9)
par Jean de Villiot
Les délices du fouet
Roman érotique (chapitre 8)
par Jean de Villiot
Les délices du fouet
Roman érotique (chapitre 7)
par Jean de Villiot
Les délices du fouet
Roman érotique (chapitre 6)
par Jean de Villiot
Les délices du fouet
Roman érotique (chapitre 5)
par Jean de Villiot
Les délices du fouet
Roman érotique (chapitre 4)
par Jean de Villiot
Les délices du fouet
Roman érotique (chapitre 3)
par Jean de Villiot
Les délices du fouet
Roman érotique (chapitre 2)
par Jean de Villiot
Les délices du fouet
Roman érotique (chapitre 1)
par Jean de Villiot