Louise Dormienne (René Dunan), Les Caprices du sexe ou les Audaces érotiques de Mademoiselle Louise de B…, Édité aux dépens des Amis de la galanterie, Orléans, 1928.
Les Audaces érotiques de Mademoiselle Louise de B…
Troisième partie - Chapitre IV et Épilogue
par Renée Dunan« Les deux adversaires se regardèrent un instant. Le bandit sentit que devant lui ce n’était point une bête du troupeau féminin paissant sur les pentes montmartroises. C’était un vrai fauve, dont la morsure, comme le baiser, emportait le morceau…
Il se souvint de cette croupe agile, au centre de laquelle il pensait avoir la veille trouvé un rare bonheur. Cela l’amollit. Il biaisa. Louise, posée comme un gladiateur, une jambe en avant, avec un rire de haine, regardait cet homme vil qu’elle avait manié cette nuit avec mépris. C’était la plus belle verge de Paris… Soit ! Autant dire que c’était le symbole même de l’homme, du mâle…
Qu’est-ce qu’un homme ? Une virilité…
Mais combien faut-il de temps pour qu’une femme habile fasse de la plus fière des verges mâles… un chiffon ? » (René Dunan, Les Caprices du sexe).
Les Audaces érotiques de Mademoiselle Louise de B…
Troisième partie - Chapitre III
par Renée Dunan« De Laize voyait admirablement l’anus un peu dilaté, dans l’effort fait par la jeune fille qui voulait pisser. C’était une petite chose rose et bouillonnée, entre les fesses glacées et fortes.
Sous les cuisses, la chair tassée dessinait ces plis délicats que les Grecs ont donné à la Vénus accroupie. Le sexe s’ouvrait légèrement par l’écartement des jambes et cela faisait une ligne coralline autour de laquelle un pelage très fin, pareil à une ombre de crêpe, dessinait un petit triangle limité par les plis des aines et du ventre. Car la jeune fille, penchée en avant, ne voulait rien perdre du spectacle, et sa face moqueuse avait une expression ingénue et intéressée à la fois. Cette opération lui était vraisemblablement demandée pour la première fois.
Elle s’efforça. On voyait, sous le léger effort, son dos osciller et la chair se gonfler au périnée. Enfin elle dit un mot à son compagnon, qui ouvrit une bouche énorme. Ses yeux luisaient et les transes de la volupté le saisissaient déjà. » (René Dunan, Les Caprices du sexe).
Les Audaces érotiques de Mademoiselle Louise de B…
Troisième partie - Chapitre II
par Renée Dunan« Devant lui, par un système de miroirs, il voyait, comme s’il avait été présent, une scène parallèle dont le salon voisin était témoin. Un homme gras, et pourtant jeune, lèvre tombante, nez arqué et chevelure laineuse, était assis sur un canapé. Une femme, avec délicatesse, et on n’aurait pu dire quelle aristocratique dignité, provoquait de la main et des lèvres cet homme au plaisir. De Laize regarda de ses yeux fixes. Ses lombes frémissaient encore de jouissance. Elle faisait vibrer en lui des organes profonds aux frissons délicats.
Et soudain la femme du salon voisin se releva. L’homme à nez lourd et tignasse d’astrakan entrait en transes. Le regard mort, il parut agoniser. La femme regardait son oeuvre avec un sourire étonnant de dédain et de sérénité glaciale. Elle prit sur la table un petit mouchoir de soie et s’essuya la bouche. Alors, de Laize, avec un mouvement d’horreur, reconnut cette femme, cette… Il ne sut comment se la définir… C’était Louise de Bescé. » (René Dunan, Les Caprices du sexe).
Les Audaces érotiques de Mademoiselle Louise de B…
Troisième partie - Chapitre I
par Renée Dunan« C’était le plaisir sexuel d’une femme que de Laize reconstituait ainsi en lui-même. Celui même que Louise de Bescé goûtait sans lui. Il ne songeait qu’à elle. Il aurait tant donné — tout — pour la revoir et la posséder. Maintenant il retrouvait sa qualité de spectateur pour admirer de haut le corps de celle qu’il aimait, et celui du mâle qui avait éveillé en elle le bonheur sexuel. Ils étaient tous deux étendus côte à côte. La verge tombait lentement, amollie par la joie. Louise, elle, restait béante et insatisfaite. On lisait sur ses traits l’appel à tous les priapes du monde, à toutes les jouissances possibles, pour tenter de retrouver cette minute de surhumaines délices…
Et de Laize sentit, à une humidité intime, que dans ce cauchemar il avait joui lui aussi.
Il se dit : — Mon vieux, tu as trop travaillé ces dernières années, tu as enfermé en toi un fantôme aujourd’hui envahissant, il faut désormais le chasser…
Il s’arrêta : — Comment me comprendre ? Ai-je un mal mental ou un mal moral ?
Il imagina une théorie freudienne de son cas.
Cet Autrichien, tout de même, je l’ai honni, vomi, presque insulté jadis. Ce n’est pas si bête son idée. En somme… » (René Dunan, Les Caprices du sexe).
Les Audaces érotiques de Mademoiselle Louise de B…
Deuxième partie - Chapitre IV
par Renée Dunan
Les Audaces érotiques de Mademoiselle Louise de B…
Deuxième partie - Chapitre III
par Renée Dunan
Les Audaces érotiques de Mademoiselle Louise de B…
Deuxième partie - Chapitre II
par Renée Dunan
Les Audaces érotiques de Mademoiselle Louise de B…
Deuxième partie - Chapitre I
par Renée Dunan
Les Audaces érotiques de Mademoiselle Louise de B…
Première partie - Chapitre IV
par Renée Dunan
Les Audaces érotiques de Mademoiselle Louise de B…
Première partie - Chapitre III
par Renée Dunan
Les Audaces érotiques de Mademoiselle Louise de B…
Première partie - Chapitre II
par Renée Dunan
Les Audaces érotiques de Mademoiselle Louise de B…
Première partie - Préface et Chapitre I
par Renée Dunan