Eros-Thanatos Bibliothèque de littérature érotique : histoires, textes, récits et confessions érotiques

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Le Salon de l’érotisme

Dernier ajout – samedi 19 avril 2008.

Le Salon de l’érotisme ou l’érotisme de salon : Récits de voyageurs, textes et documents de scientifiques sur l’érotisme et les mœurs érotiques à travers le monde.


  • Rémy de Gourmont

    Sur le Sadisme

    Réflexions sur la vie (1895-1898)

    « M. de Sade s’est monté un théâtre et c’est en féerie qu’il a ordonné ses imaginations de tortionnaire ; mais sa féerie est maladroite et son style est médiocre. Ce bourreau extravagant est un grotesque. Il y a de la niaiserie dans cette méchanceté ; il y a du Jocrisse dans ce Torquémada de lupanar. Il a beau multiplier les souterrains, les trappes, les oubliettes, les échelles, les cordes et les crocs, varier les instruments de torture et d’amour, imaginer jusqu’à un bourreau mécanique dont le glaive accompagne les exploits difficiles d’un prélat, faire voyager sa pauvre héroïne dans tous les pays et dans tous les mondes, Justine n’en reste pas moins un des livres les plus ennuyeux parmi les plus répugnants. On dit qu’il pratiqua lui-même quelques-unes des inventions décrites dans son livre ; il ne paraît pas cependant qu’il soit jamais allé jusqu’au crime, si l’on ne considère pas comme un crime le fait de lier une fille à une broche et de la faire légèrement cuire devant un bon feu ; s’il avait été vraiment l’homme de Justine, il n’aurait pas écrit ; mais il ne fut que l’homme de la Philosophie dans le boudoir, livre où le sadisme n’apparaît qu’à la lin et sous une forme moins révoltante, puisque Barbey d’Aurevilly a pu reprendre l’anecdote et l’élever au tragique. Cette Philosophie, dialogues aussi médiocres que ceux de Meursius, quoique plus âpres et plus significatifs, n’est rien qu’un cours banal de luxure vulgaire et bête, un numéro quelconque du catalogue clandestin. Le vrai sadisme, c’est Justine, comme le vrai sadique, c’est Joseph Vacher, le vagabond. » (Rémy de Gourmont, Sur le Sadisme).


  • La flagellation à travers le monde

    Le Sadisme contemporain

    Texte érotique (1902)

    par Jean de Villiot

    « S’il est indéniable qu’une loi de progrès s’affirme en dépit de contradictions apparentes, et que nous sommes en marche, à travers mille et mille obstacles, vers un état meilleur où la parfaite bonté sera l’unique maîtresse des hommes rénovés, il est également certain qu’en des cas trop nombreux, par des régressions individuelles ou collectives, l’homo sapiens retourne subitement ou lentement au type ancestral, à la brute féroce qui fut son géniteur.
    Un livre extraordinaire vient de paraître, qui évoque ces réflexions et bien d’autres, très douloureuses. Les extraits que nous publions ci-après diront mieux que toute analyse quelle terrible maladie mentale ont voulu peindre MM. Poinsot et Normandy dans leur roman l’Êchelle, tout entier consacré à l’étude sérieuse d’une âme de sadique. » (Jean de Villiot, Le Sadisme contemporain).

  • Aphrodisiaque externe

    Catalogue des substances aphrodisiaques

    Traité du Fouet (Dissertation)

    par F.-A. Doppet

    « Le satyrion ; il y en a de deux sortes, le satyrion mâle et le satyrion femelle. Le mâle, qui est celui qu’on tient dans les boutiques, a deux racines de figure ovale, aussi grosses qu’une petite olive, d’une couleur blanchâtre et pleines d’un suc visqueux. On ne se sert que de ses racines. Le satyrion femelle est une plante un peu plus petite que l’autre ; elle a à peu près les mêmes vertus, mais il faut la prendre en plus grande quantité. C’est un grand cordial et un grand restaurant. Elle a un grand pouvoir pour exciter aux plaisirs de Vénus. C’est certainement pour cela qu’on regarde comme un grand corroboratif l’électuaire diasatyrion, qui prend son nom de cette racine. Cet électuaire réchauffe et produit des sensations agréables dans tout le genre nerveux. Quelques médecins ne croient pas aux vertus de cette plante, mais qu’on essaie d’en faire usage et l’on verra que l’opinion de ces docteurs et l’expérience ne sont pas d’accord à ce sujet. Dioscoride, Pline et autres ont parlé du satyrion comme d’un puissant aphrodisiaque ; ces autorités valent bien celles de quelques modernes, qui déprisent les anciens et qui cependant n’ont d’autre mérite que celui de débiter des aphorismes à côté du lit des malades, leur ordonner vingt sortes de remèdes dans un jour et les expédier pour les antipodes.
    Le gingembre ; c’est une racine des Indes, qu’on transporte ordinairement séchée et quelquefois en conserve. C’est une racine tubéreuse, noueuse, branchue, un peu aplatie. Sa substance est un peu fibreuse, pâle ou jaunâtre ; son odeur est très agréable, son goût est âcre, brûlant, aromatique ; sa chaleur ne se fait pas sentir si promptement que celle du poivre, mais elle dure plus longtemps. » (François-Amédée Doppet, Traité du Fouet).

  • Aphrodisiaque externe

    Les remèdes capables d’exciter aux plaisirs de l’amour

    Traité du Fouet (Dissertation)

    par F.-A. Doppet

    « Un homme d’un certain âge qui veut connaître les plaisirs de l’amour doit faire usage de bons aliments, manger peu et souvent. Il faut qu’il prenne tous les mois un bain de lait. Il se fera faire tous les soirs, en se couchant, des embrocations sur les lombes avec de l’huile de castor ou de l’esprit de vin dans lequel on aura fait infuser du safran. Il se baignera chaque jour les parties génitales dans une décoction de sarriette, faite dans du vin rouge. Avec toutes ces précautions, le remède qui perfectionnera la cure est le suivant.
    LINIMENT DE VIRILITÉ : Prenez du miel clarifié et de l’huile de noix muscade par expression, une demi-once de chaque sorte ; de la pirèthre, du poivre noir et des cubèbes, une demi-once de chacun ; du musc, un demi-scrupule ; de la civette, un scrupule ; du baume du Pérou, un gros ; faites-en un liniment suivant les règles de l’art.
    Ce liniment est destiné à oindre la verge et le périnée, ce qu’on ne fera que de trois jours en trois jours au plus, car il excite singulièrement aux plaisirs de l’amour.
    Comme il ne suffit pas que la chaleur animale soit momentanée, les vieillards feront un usage constant de l’électuaire suivant ; ils en prendront, une heure avant le dîner, gros comme une noix muscade. » (François-Amédée Doppet, Traité du Fouet).


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