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La Hyène de la Poussta

Dernier ajout – jeudi 28 décembre 2006.

Auteur :

Leopold von Sacher-Masoch, « La Hyène de la Poussta », Les Batteuses d’hommes, Nouvelles posthumes, Première édition : R. Dorn, Paris, 1906 ; Seconde édition (texte enrichi de planches et d’une couverture illustrées) : J. Fort, Paris, 1909.



  • Les Batteuses d’hommes

    Démasquée

    La Hyène de la Poussta (Chapitre XIII)

    par Leopold von Sacher-Masoch

    « Elle vit encore ? demanda une femme de paysan.
    - Précisément pour cela, s’écria le vieillard. Elle ne peut plus supporter les coups, mais nous allons pendre son corps encore vivant.
    - C’est ça, pendez-la ! cria toute la foule.
    En vain Sarolta poussait-elle les plus horribles malédictions, en vain implorait-elle grâce, en vain son angoisse mortelle et ses souffrances lui arrachaient-elles des larmes, un jeune paysan lui appliqua un coup sur la nuque, deux autres tombèrent ensuite, et finalement son corps se balança à la branche d’un aune.
    Son agonie ne dura que quelques minutes, puis ce monstre féminin rendit sa vile âme.
    Alors les paysans détachèrent son cadavre, le jetèrent sur un tombereau à fumier et le conduisirent ainsi au komitat. » (Leopold Sacher-Masoch, La Hyène de la Poussta).


  • Les Batteuses d’hommes

    Dans la fourmilière

    La Hyène de la Poussta (Chapitre XII)

    par Leopold von Sacher-Masoch

    « Que faites-vous ici ? fit-elle étonnée, dès qu’elle aperçut Bethlémy dans son étrange position.
    - Nous aidons le noble seigneur à gagner le Ciel, répondit Eyula.
    - Comment ça ?
    - Ce moyen est-il si nouveau pour toi, Ursa ? demanda un autre brigand ; m’est avis que la chose a dû arriver assez souvent auparavant par la Poussta.
    - Je la vois pour la première fois, dit la fille, contemplant son amant trahi avec la curiosité la plus froide et la plus cruelle.
    - Viens alors, je vais t’enseigner quelque chose que tu ne connais pas, répondit Eyula. Vois bien, ma fille, ceci est une fourmilière dans laquelle nous avons fourré le cavalier ; aussitôt que nous aurons quitté les lieux, les chers petits insectes le verront sûrement pour la première fois et procéderont avec lui exactement comme avec ce bloc de chêne qu’ils ont complètement rongé. Au lieu d’habiter un vulgaire bout de bois, ils établiront leur domicile dans un beau crâne noble. » (Leopold Sacher-Masoch, La Hyène de la Poussta).


  • Les Batteuses d’hommes

    Une Dalila du peuple

    La Hyène de la Poussta (Chapitre XI)

    par Leopold von Sacher-Masoch

    « À peine avait-il posé le pied sur le seuil de l’obscure pièce qu’il se sentit saisir par deux bras puissants avec une vigueur qu’il n’avait jamais jusqu’ici rencontrée chez Ursa ; par deux bras qui, avant même qu’il pût reprendre haleine, l’entraînèrent avec un élan passionné et le collèrent sur une superbe gorge, tandis que deux lèvres brûlantes de désir se collaient sa bouche…
    Comme les étoiles commençaient à pâlir au firmament et que les premiers rayons blafards de la lumière du jour commençaient à jeter leur lueur blanche par la chambre, Bethlémy tout en embrassant voluptueusement la femme, dit :
    - Maintenant il nous faut nous séparer !
    - Jamais, Bethlémy, répondit une voix qui lui parut étrangère et que cependant il lui sembla tout aussitôt connaître, bien que ce ne fût pas la voix d’Ursa. Jamais ! reprit la voix, tu es à moi, à moi à tout jamais, ou la mort si tu préfères ! » (Leopold Sacher-Masoch, La Hyène de la Poussta).


  • Les Batteuses d’hommes

    Le Bain de sang

    La Hyène de la Poussta (Chapitre X)

    par Leopold von Sacher-Masoch

    « N’as-tu jamais entendu parler de cette comtesse hongroise qui prenait des bains de sang humain et demeura ainsi éternellement jeune ? Je veux aujourd’hui expérimenter cet étrange secret de beauté.
    - Mon Dieu, cela n’est pas possible, gémit Steinfeld, sûrement je rêve !
    - Éveille-toi donc, s’écria la belle hyène, puis elle jeta sa fourrure et monta dans la baignoire de marbre.
    Les deux servantes s’avancèrent alors vers l’infortuné, armées chacune d’un fouet pourvu de pointes de fer aiguës, semblables à ceux en usage sous l’Inquisition, et commencèrent leur cruelle besogne.
    Au bout de quelques coups leur victime était déjà complètement lacérée, son sang coulait à flots dans la baignoire, inondant la belle femme qui plongeait voluptueusement ses superbes membres dans le sang chaud de la vie et riait aux éclats chaque fois que Steinfeld hurlait comme un vrai possédé. Il ne put bientôt que pousser de légers soupirs et finalement pendit de l’anneau telle une masse inerte, sanglante et sans vie ! » (Leopold Sacher-Masoch, La Hyène de la Poussta).


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