Littérature érotique : Histoires érotiques libres et gratuites des écrivains et poètes libertins du XVIIIe, XIXe et XXe siècles.
Histoire de Monsieur Guillaume : Cocher
Histoire libertine (1787)
par Comte de Caylus« Oh ! N’ayez pas peur ; allez, Madame, lui dis-je, je suis muet comme une carpe quand il le faut. Là-dessus elle se mit à rêver, et moi à prendre sa main, puis son bras ; en sorte que je découvre la couverture, à l’endroit de son sein, qui était blanc comme de la neige. Je me hasarde à mettre un doigt dessus un, et puis toute une main, ensuite les deux sur les deux ; comme elle rêvait toujours, sans que cela la fît revenir en rien, je me hasarda, de lui prendre un baiser. Oh ! C’est cela qui la fit revenir : retire-toi, Guillaume, dit-elle, en se mettant à son séant, tu es trop hardi, ou je suis trop faible.
Eh bien ! Madame, repartis-je, laissez faire à ma hardiesse et à votre faiblesse. Cela fera que nous aurons tous deux contentement : non, répondit-elle, aussi-bien j’entends ma femme-de-chambre : retire-toi, et surtout songes que tu ne peux me plaire, que par la discrétion. Et comme la femme-de-chambre venait véritablement, je dis à Madame, en me retirant, que sur ce pied-là, je comptais que mon affaire était dans le sac. » (Comte de Caylus, Histoire de Monsieur Guillaume : Cocher).
Histoire de Monsieur Guillaume : Cocher
Histoire libertine (1787)
par Comte de Caylus« Vous n’ignorez pas, Chevalier, que je suis veuve, et encore assez jeune pour appréhender de compromettre ma réputation. Je vous jure, reprenait mon maître, qu’elle ne court aucun risque avec moi, et que je saurai la ménager. Allons, ma reine, plus de résistance ; rendez-vous aux empressements du plus amoureux de tous les hommes.
La conversation finit là, pour un petit bout de temps ; car, un moment après, Madame la présidente dit, à moitié bas : eh, mais, Chevalier, vous n’y pensez pas ? Vous me prenez apparemment pour une grisette… Vous n’avez nulle considération… ôtez-vous, cela est horrible… c’est malgré moi, je vous assure… vous m’assommez… vous aviez bien raison de dire que ma réputation ne courrait point des risques avec vous… retournez d’où vous venez… vous êtes un insolent… on n’en use pas ainsi avec une femme de ma qualité. » (Comte de Caylus, Histoire de Monsieur Guillaume : Cocher).
Histoire de Monsieur Guillaume : Cocher
Histoire libertine (1787)
par Comte de Caylus« Mademoiselle Tonton reconnaît tout d’un coup mon bourgeois ; et elle lui dit, de façon que nous l’entendions : Ah ! ah ! C’est vous, M. Bordereau ! Eh mais, vous n’êtes pas ici tout seul ? Vous y soupez donc ? C’est fort bien fait à vous ; laquelle de nos soeurs est de la partie ? Car vous êtes un coureur de biches. Je n’en connais point, mademoiselle, répond M. Bordereau, depuis que je ne cours plus après vous. Vous êtes un insolent, mon gros ami, répliqua l’autre ; et peut s’en faut que, pour payer l’insulte que vous me faites, je ne vous fasse donner une volée de coups de bâton : vous avez donc là quelque faraud ? Dit M. Bordereau : oui, oui, j’en ai, petit faquin de commis, et tu les vas voir. Alors elle se mit à crier à pleine tête : à moi, milord, à moi ! On m’insulte.
Tout aussitôt voilà le milord, l’autre fille et ce Monsieur, qui accourent pour voir ce que c’est.
Vengez-nous, milord, dit Tonton, d’un misérable caissier qui ose me traiter comme une malheureuse, et vous comme un gredin. Allons donc, milord, allons donc, disait-elle, en le poussant, et voyant qu’il ne se mouvait guère, donnez-lui vingt coups de barre. » (Comte de Caylus, Histoire de Monsieur Guillaume : Cocher).
Histoire de Monsieur Guillaume : Cocher
Histoire libertine (1787)
par Comte de Caylus« Mamselle Godiche ayant dansé tout son bien aise, s’en allait avec M De L’Aulne dans leur chambre ; mais il fallait passer par-devant Babet, qui, pour commencer la dispute qu’elle voulait lui chercher, lui dit, en passant, et si pourtant elle ne voulait pas la saluer la première…
Ma bourgeoise n’eut pas plutôt lâché la parole, que Babet Galonnet qui la trouva tout juste au bout de son bras, vous lui couvrit la joue d’une giroflée à cinq feuilles, qui claqua comme mon fouet.
Tout le monde qui était là, nous demeurons comme des statues ; il n’y eut que M De L’Aulne, qui dit à Babet : en vérité, mamselle, ce que vous faites-là ne se fait pas, et si ce n’était que vous êtes une fille, je vous ferais bien voir… que vous êtes sot, mon petit Monsieur, répondit la couturière ; allez, allez, j’avertirai votre père que vous le volez pour dépenser votre argent avec des créatures.
Jusque-là, Mamselle Godiche s’en était pris à ses yeux du soufflet de sa joue ; mais quand elle se vit appeler créature, elle montra à la grêlée qu’elle avait la langue bien pendue ; elle se mit à vous lui dégoiser les dix-sept péchés mortels ; en sorte que la couturasse se jette sur elle, lui arrache son morillon plus vite que le vent, et le trépigne aux pieds, dans de l’eau qui était par terre, en sorte qu’il n’était que de boue et de crachat. » (Comte de Caylus, Histoire de Monsieur Guillaume : Cocher).
L’Arétin moderne
Histoire libertine (1763)
par Henri-Joseph Dulaurens
L’Arétin moderne
Histoire érotique (1763)
par Henri-Joseph Dulaurens
L’Arétin moderne
Histoire libertine (1763)
par Henri-Joseph Dulaurens
Contes légers
Histoire libertine (1751)
par Claude-Henri de Voisenon
Le sultan Misapouf et la princesse Grisemine
Les Métamorphoses (Deuxième partie)
par Claude-Henri de Voisenon
Le sultan Misapouf et la princesse Grisemine
Les Métamorphoses (Première partie)
par Claude-Henri de Voisenon
Histoire du roi Gonzalve
Histoire érotique (1927)
par Pierre Louÿs