Eros-Thanatos Bibliothèque de littérature érotique : histoires, textes, récits et confessions érotiques

Accueil du site > Histoires érotiques

Navigation

Histoires érotiques

Dernier ajout – samedi 5 septembre 2009.

Littérature érotique : Histoires érotiques libres et gratuites des écrivains et poètes libertins du XVIIIe, XIXe et XXe siècles.



  • Historiettes, contes et fabliaux

    Historiettes

    Manuscrits autographes (1788)

    par Le Marquis de Sade

    « On prétend que M. de Savari, vieux garçon, maltraité de la nature — il était cul-de-jatte — , mais plein d’esprit, d’une société agréable, et réunissant chez lui rue des Déjeuneurs, la meilleure compagnie possible, avait imaginé de faire servir sa maison à des prostitutions d’un genre fort singulier. Les femmes ou les filles de condition exclusivement qui voulaient, sous l’ombre du plus profond mystère, jouir sans conséquence des plaisirs de la volupté, trouvaient chez lui un certain nombre d’associés prêts à les satisfaire, et jamais rien ne résultait de ces intrigues momentanées, dont une femme ne recueillait que les fleurs sans courir aucun risque des épines qui n’accompagnent que trop ces arrangements, quand ils prennent la tournure publique d’un commerce réglé. La femme ou la demoiselle revoyait le lendemain dans le monde l’homme avec lequel elle avait eu affaire la veille, sans avoir l’air de le connaître et sans que celui-ci parût la distinguer des autres femmes, moyennant quoi point de jalousie dans les ménages, point de pères irrités, point de séparation, point de couvent, en un mot aucune des suites funestes qu’entraînent ces sortes d’affaires. Il était difficile de rien trouver de plus commode, et ce plan sans doute serait dangereux à offrir de nos jours ; il serait incontestablement à craindre que son exposé n’éveillât l’idée de le remettre en vigueur dans un siècle où la dépravation des deux sexes a franchi toutes les bornes connues, si nous ne placions en même temps l’aventure cruelle qui devint la punition de celui qui l’avait inventé. » (Marquis de Sade, Historiettes, contes et fabliaux).


  • Histoire de Monsieur Guillaume : Cocher

    Histoire de Mme Allain et de l’Abbé Évrard

    Histoire libertine (1787)

    par Comte de Caylus

    « Oh ! N’ayez pas peur ; allez, Madame, lui dis-je, je suis muet comme une carpe quand il le faut. Là-dessus elle se mit à rêver, et moi à prendre sa main, puis son bras ; en sorte que je découvre la couverture, à l’endroit de son sein, qui était blanc comme de la neige. Je me hasarde à mettre un doigt dessus un, et puis toute une main, ensuite les deux sur les deux ; comme elle rêvait toujours, sans que cela la fît revenir en rien, je me hasarda, de lui prendre un baiser. Oh ! C’est cela qui la fit revenir : retire-toi, Guillaume, dit-elle, en se mettant à son séant, tu es trop hardi, ou je suis trop faible.
    Eh bien ! Madame, repartis-je, laissez faire à ma hardiesse et à votre faiblesse. Cela fera que nous aurons tous deux contentement : non, répondit-elle, aussi-bien j’entends ma femme-de-chambre : retire-toi, et surtout songes que tu ne peux me plaire, que par la discrétion. Et comme la femme-de-chambre venait véritablement, je dis à Madame, en me retirant, que sur ce pied-là, je comptais que mon affaire était dans le sac. » (Comte de Caylus, Histoire de Monsieur Guillaume : Cocher).


  • Histoire de Monsieur Guillaume : Cocher

    Histoire de M. le Chevalier Brillantin

    Histoire libertine (1787)

    par Comte de Caylus

    « Vous n’ignorez pas, Chevalier, que je suis veuve, et encore assez jeune pour appréhender de compromettre ma réputation. Je vous jure, reprenait mon maître, qu’elle ne court aucun risque avec moi, et que je saurai la ménager. Allons, ma reine, plus de résistance ; rendez-vous aux empressements du plus amoureux de tous les hommes.
    La conversation finit là, pour un petit bout de temps ; car, un moment après, Madame la présidente dit, à moitié bas : eh, mais, Chevalier, vous n’y pensez pas ? Vous me prenez apparemment pour une grisette… Vous n’avez nulle considération… ôtez-vous, cela est horrible… c’est malgré moi, je vous assure… vous m’assommez… vous aviez bien raison de dire que ma réputation ne courrait point des risques avec vous… retournez d’où vous venez… vous êtes un insolent… on n’en use pas ainsi avec une femme de ma qualité. » (Comte de Caylus, Histoire de Monsieur Guillaume : Cocher).


  • Histoire de Monsieur Guillaume : Cocher

    Histoire de M. Bordereau avec Madame Minutin

    Histoire libertine (1787)

    par Comte de Caylus

    « Mademoiselle Tonton reconnaît tout d’un coup mon bourgeois ; et elle lui dit, de façon que nous l’entendions : Ah ! ah ! C’est vous, M. Bordereau ! Eh mais, vous n’êtes pas ici tout seul ? Vous y soupez donc ? C’est fort bien fait à vous ; laquelle de nos soeurs est de la partie ? Car vous êtes un coureur de biches. Je n’en connais point, mademoiselle, répond M. Bordereau, depuis que je ne cours plus après vous. Vous êtes un insolent, mon gros ami, répliqua l’autre ; et peut s’en faut que, pour payer l’insulte que vous me faites, je ne vous fasse donner une volée de coups de bâton : vous avez donc là quelque faraud ? Dit M. Bordereau : oui, oui, j’en ai, petit faquin de commis, et tu les vas voir. Alors elle se mit à crier à pleine tête : à moi, milord, à moi ! On m’insulte.
    Tout aussitôt voilà le milord, l’autre fille et ce Monsieur, qui accourent pour voir ce que c’est.
    Vengez-nous, milord, dit Tonton, d’un misérable caissier qui ose me traiter comme une malheureuse, et vous comme un gredin. Allons donc, milord, allons donc, disait-elle, en le poussant, et voyant qu’il ne se mouvait guère, donnez-lui vingt coups de barre. » (Comte de Caylus, Histoire de Monsieur Guillaume : Cocher).


Suivre la vie du site RSS 2.0 | Actualité | Mode texte | Plan du site | Notice légale | Contact
Art et érotisme | Sexshop Boutique érotique | Psychanalyse Paris | Psychanalyste Paris | Blogs Psychanalyse