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Fanny Hill, Femme de plaisir

Dernier ajout – jeudi 13 août 2009.

Auteur :

John Cleland, Mémoires de Fanny Hill, Femme de plaisir, L’Œuvre de John Cleland (Avec des documents sur la vie à Londres au XVIIIe siècle, et notamment la Vie galante d’après les SÉRAILS DE LONDRES), Introduction, essai bibliographique par Guillaume Apollinaire, Ouvrage orné de six compositions d’après la suite gravée par William Hogarth : La destinée d’une Courtisane, Bibliothèque des Curieux, Collection « Les Maîtres de l’amour », Paris, 1914.



  • Mémoires de Fanny Hill, Femme de plaisir

    Triomphe de l’amour et épilogue moral

    Lettre deuxième (huitième partie — épilogue)

    par John Cleland

    « À peine fus-je cependant établie dans ma nouvelle demeure que, me promenant un matin à la campagne, accompagnée de ma servante, et me divertissant sous les arbres, je fus alarmée par le bruit d’une toux violente. Tournant la tête, je vis un gentleman d’un certain âge, très bien mis, qui semblait suffoquer par une oppression de poitrine, ayant le visage aussi noir qu’un nègre. Suivant les observations que j’avais faites sur cette maladie, je défis sa cravate et le frappai dans le dos, ce qui le rendit à lui-même. Il me remercia avec, emphase du service que je venais de lui rendre, disant que je lui avais sauvé la vie. Ceci fit naturellement naître une conversation, dans laquelle il m’apprit sa demeure, qui se trouvait fort éloignée de la mienne.
    Quoiqu’il semblait n’avoir que quarante-cinq ans, il en avait néanmoins plus de soixante, ce qui venait d’une couleur fraîche et d’une excellente complexion. Quant à sa naissance et à sa condition, son père, qui était mécanicien, mourut fort pauvre et le laissa aux soins delà paroisse, d’où il s’était mis dans un comptoir à Cadix, où, par son active intelligence, il avait non seulement fait sa fortune, mais acquis des biens immenses, avec lesquels il retourna dans sa patrie, où il ne put jamais découvrir aucun de ses parents, tant son extraction avait été obscure. Il prit donc le parti de la retraite et vivait dans une opulence honnête et sans faste, regardant avec dédain un monde dont il connaissait parfaitement les détours.
    Comme je veux vous écrire une lettre particulière touchant la connaissance que je fis avec cet ami estimable, je ne vous en dirai ici qu’autant qu’il en faut pour servir de connexion à mon histoire et pour obvier à la surprise que cette aventure vous causera. » (John Cleland, Mémoires de Fanny Hill, Femme de plaisir).


  • Mémoires de Fanny Hill, Femme de plaisir

    Dick le Bon et dernières aventures avec Louisa et Emily

    Lettre deuxième (septième partie)

    par John Cleland

    « Nous lui avions souvent acheté des fleurs par pure compassion ; mais Louisa, qu’un autre motif excitait alors, ayant pris deux de ses bouquets, lui présenta malicieusement une demi-couronne à changer. Dick, qui n’avait pas le premier sou, se grattait l’oreille et donnait à entendre, par son embarras, qu’il ne pouvait fournir la monnaie d’une si grosse pièce. « Eh bien ! mon enfant, lui dit Louisa, monte avec moi, je te paierai. » En même temps elle me fit signe de la suivre et m’avoua, chemin faisant, qu’elle se sentait une étrange curiosité de savoir si la nature ne l’avait pas dédommagé, par quelque don particulier du corps, de la privation de la parole et des facultés intellectuelles. La scrupuleuse modestie n’ayant jamais été mon vice, loin de m’opposer à une pareille lubie, je trouvai cette idée si plaisante que je ne fus pas moins empressée qu’elle à m’éclaircir sur ce point. J’eus même la vanité de vouloir être la première à faire la vérification des pièces. Suivant cet accord, dès que nous eûmes fermé la porte, je commençai l’attaque en lui faisant des petites niches et employant les moyens les plus capables de l’émouvoir. Il parut d’abord, à sa mine honteuse et interdite, à ses regards sauvages et effarés, que le badinage ne lui plaisait pas ; mais je fis tant par mes caresses que je l’apprivoisai et le mis insensiblement en humeur. Un rire innocent et niais annonçait le plaisir que la nouveauté de cette scène lui faisait. Le ravissement stupide où il était, l’avait rendu si docile et si traitable qu’il me laissa faire tout ce que je voulus. J’avais déjà senti la douceur de sa peau à travers maintes déchirures de sa culotte et m’étais, par gradation, saisie du véritable et glorieux étendard en si bel état, que je vis le moment où tout allait se rompre sous ses efforts. Je détortillai une espèce de ceinture déchiquetée de vieillesse, et rangeant une loque de chemise qui le cachait en partie je le découvris dans toute son étendue et toute sa pompe. J’avoue qu’il n’était guère possible de rien voir de plus superbe. Le pauvre garçon possédait manifestement à un très haut degré la prérogative royale, qui distingue cette condition d’ailleurs malheureuse de l’idiot et qui a donné lieu au dicton populaire : Marotte de fou, amusement de femme. Aussi ma lascive compagne, ravie en admiration et domptée par le démon de la concupiscence, me l’ôta brusquement ; puis tirant, comme on fait à un âne par le licou, Dick vers le lit, elle s’y laissa tomber à la renverse, et sans lâcher prise le guida où elle voulait. L’innocent y fut à peine introduit que l’instinct lui apprit le reste. L’homme-machine enfonça, déchira, pourfendit la pauvre Louisa, mais elle eut beau crier, il était trop tard. Le fier agent, animé par le puissant aiguillon du plaisir, devint si furieux qu’il me fit trembler pour la patiente. » (John Cleland, Mémoires de Fanny Hill, Femme de plaisir).


  • Mémoires de Fanny Hill, Femme de plaisir

    Emily en berger et plaisirs contre-nature

    Lettre deuxième (sixième partie)

    par John Cleland

    « Le plus jeune n’avait guère que dix-sept ans ; il était blond, coloré, parfaitement bien fait, et, pour tout dire, un délicieux adolescent ; à sa mise aussi on voyait qu’il était de la campagne : c’était un frac de peluche verte, des chaussures de même étoffe, un gilet et des bas blancs, une casquette de jockey, avec des cheveux blonds, longs et flottants en boucles naturelles.
    Le plus âgé promena d’abord tout autour de la chambre un regard de circonspection, mais avec trop de hâte sans doute pour qu’il pût apercevoir la petite ouverture où j’étais postée, d’autant plus qu’elle était haute et que mon œil, en s’y collant, interceptait le jour qui aurait pu la trahir ; puis il dit quelques mots à son compagnon, et la face des choses changea aussitôt.
    En effet, le plus âgé se mit à embrasser le plus jeune, à l’étreindre et à le baiser, à glisser ses mains dans sa poitrine et à lui donner enfin des signes si manifestes d’amoureux désirs, que celui-ci ne pouvait être, – selon moi, qu’une fille déguisée. Je me trompais, mais la nature aussi avait certainement fait erreur en lui imprimant le cachet masculin.
    Avec la témérité de leur, âge et impatients comme ils étaient d’accomplir leur projet de plaisir antiphysique, au risque des pires conséquences, car il n’y avait rien d’improbable à ce qu’ils fussent découverts, ils en vinrent maintenant à un tel point que je fus bientôt fixée sur ce qu’ils étaient.
    La scène criminelle qu’ils exécutèrent, j’eus la patience de l’observer jusqu’au bout, simplement pour recueillir contre eux plus de faits et plus de certitude en vue de les traiter comme ils le méritaient. En conséquence, lorsqu’ils se furent rajustés et qu’ils se préparaient à partir, enflammée comme je l’étais de colère et d’indignation, je sautai à bas de la chaise pour ameuter contre eux toute la maison ; mais, dans ma précipitation, j’eus le malheur de heurter du pied un clou ou quelque autre rugosité du plancher qui me fit tomber la face en avant, de sorte que je restai là quelques minutes sans connaissance avant qu’on ne vînt à mon secours ; et les deux jeunes gens, alarmés, je le suppose, du bruit de ma chute, eurent tout le temps nécessaire pour opérer leur sortie. Ils le firent, comme je l’appris ensuite, avec une hâte que personne ne pouvait s’expliquer ; mais, revenue à moi et retrouvant la parole, je fis connaître aux gens de, l’auberge toute la scène dont j’avais été témoin. » (John Cleland, Mémoires de Fanny Hill, Femme de plaisir).


  • Mémoires de Fanny Hill, Femme de plaisir

    Fouetter et se faire fouetter jusqu’au sang

    Lettre deuxième (cinquième partie)

    par John Cleland

    « Il s’arrêta ici pour défaire ses jarretières, qu’il me donna, afin que je le liasse par ses jambes sur le banc ; circonstance qui n’était nécessaire, comme je le suppose, que pour augmenter la farce qu’il s’était prescrite. Je le plaçai alors sur son ventre, le long du banc avec un oreiller sous lui, je lui liai pieds et poings et j’abattis sa culotte jusque sur ses talons ; ce qui exposa à ma vue deux fesses dodues et fort blanches qui se terminaient insensiblement vers les hanches.
    Prenant alors les verges, je me mis à côté de mon patient et lui donnai, suivant ses ordres, dix coups appliqués de toute la force que mon bras put fournir ; ce qui ne fit pas plus d’effet sur lui que la piqûre d’une mouche n’en fait sur les écailles d’une écrevisse. Je vis avec étonnement sa dureté, car les verges avaient déchiré sa peau, dont le sang était prêt à couler, et je retirai plusieurs esquilles de bois sans qu’il se plaignît du mal qu’il devait souffrir.
    Je fus tellement émue à cet aspect pitoyable que je me repentais déjà de mon entreprise et que je me serais volontiers dispensée de faire le reste ; mais il me pria de continuer mon office, ce que je fis jusqu’à ce que, le voyant se démener contre le coussin, d’une manière qui ne dénotait aucune douleur, curieuse de savoir ce qui en était, je glissai doucement la main sous le jeune homme, et je trouvai les choses bien changées à mon grand étonnement ; ce que je croyais impalpable avait pris une consistance surprenante et des dimensions démesurées quant à la grosseur, car pour la taille, elle était fort courte. Mais il me pria de continuer vivement ma correction, si je voulais qu’il atteignît le dernier stage du plaisir. » (John Cleland, Mémoires de Fanny Hill, Femme de plaisir).


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