Auteur : Jean de Villiot
Mots-clés : Flagellation | Masochisme | Sadisme
Après les études si intéressantes et si complètes publiées par l’éditeur de cet ouvrage, il peut sembler qu’il n’y ait plus rien à dire au sujet de la flagellation à travers le monde. Ce serait là une grave erreur.
Si, comme le dit M. Hector France dans sa Pudique Albion, on peut, sans crainte de revenir bredouille, battre les fourrés de l’histoire des classes dirigeantes, à la recherche de cette passionnante question, on peut également trouver du nouveau autour de soi, dans l’étude des moeurs du jour et dans celles de la vie intime, familiale, que n’enregistrent point pour la postérité ceux qui font métier de fixer les événements.
Ainsi que l’ont fait remarquer de nombreux philosophes, l’amour, s’il en est la cause, est aussi la raison de l’existence, en quoi il doit se trouver au premier plan des préoccupations humaines.
Or, les manifestations de l’amour sont infinies, mais parmi celles que l’on peut qualifier de normales, la flagellation passionnelle joue un rôle prépondérant. Il est donc intéressant de connaître à fond cette question et c’est pourquoi la plus minime contribution, pourvu qu’elle soit sincère, doit être acceptée avec reconnaissance par le public soucieux de se renseigner. C’est également pourquoi j’ai cru utile de réunir en brochure ces notes, écrites sans prétention aucune, dans le simple but de me distraire, le plus souvent. On trouvera dans ce petit ouvrage quelques-uns des nombreux renseignements que j’ai pu me procurer, et si le lecteur n’y rencontre pas tout l’intérêt qu’il est en droit d’espérer, qu’il veuille bien considérer pour ma décharge que mieux vaut la vérité toute nue que le mensonge fioriture et que, de la première à la dernière page, il n’est pas une ligne qui ne soit sincèrement pensée ou vécue.
Les Délices du fouet
Essai sur la flagellation et le masochisme (VII)
par Jean de Villiot« Comme on s’aperçoit que, le sang ayant été mis en mouvement de cette façon, la volupté a été plus profonde, on recommence, on y prend goût, on cherche des prétextes à corrections, à retroussis, et on en trouve toujours. De là, les corrections conjugales.
Un jeune mari me disait un jour :
Mon cher, c’est épatant. Tous les soirs, lorsque ma femme se met au lit, il faut qu’elle ait sa fessée. Tu ne t’imagines pas combien cette longue chemise de nuit qui l’enveloppe alors est excitante. On dirait un grand bébé qui va se coucher, on ne voit que les petits pieds nus qui lâchent les babouches, un peu du mollet parfois, et puis, plus haut, ces formes pleines qui gonflent l’étoffe blanche et qu’on sent là… tout près. Ma foi, cela m’affole, je lève la chemise, je fouette, et c’est la fuite éperdue, la plongée dans les draps, les rires fous… pas toujours les rires, pourtant ! Quelquefois, je fouette trop fort, je perds la tête, je m’affole devant ces grosses choses rougissantes, et la pauvre petite se met à pleurer… Alors, je l’embrasse comme un fou et je la console, tu devines comment !… Dieu que c’est bon à embrasser, les joues chaudes et mouillées de larmes d’une jolie femme !… » (Jean de Villiot, Essai sur la flagellation et le masochisme).
Les Délices du fouet
Essai sur la flagellation et le masochisme (VI)
par Jean de Villiot« En quête de documents humains, j’errais ce soir-là derrière le Petit Palais, lorsqu’en passant devant un banc sur lequel était à demi couchée une forme blanche, un « hem ! » discret me révéla que cette forme condescendrait à ce que je l’approchasse. C’était une femme de vingt-huit à trente ans, au visage un peu fané, très maigre, mais qui, cependant, n’était pas sans joliesse. Elle m’apprit qu’elle avait fait de ces parages son lieu de promenade habituel et, comme toujours, elle glissa sous mon habile impulsion au long de la pente savonneuse des confidences, si j’ose m’exprimer ainsi. Inutile de vous dire que j’abordai au bout de très peu de temps le sujet qui nous intéresse en ce moment, savoir la flagellation, et j’appris qu’elle avait un amant qui adorait ce genre de volupté. C’était un monsieur très riche, très bien et très doux… Deux fois par semaine, elle se rendait chez lui, dans un appartement chic, "avec des tapis partout", et là, pendant un quart d’heure, elle devait fouetter son étrange amant avec un martinet, de toutes ses forces, sur le derrière nu, et pendant ce temps, elle devait écouter ses insultes, des grossièretés énormes, et subir les crachats qu’il lui lançait. Il l’insultait ainsi, paraît-il, afin que, rendue furieuse par les invectives dont il l’accablait, elle s’en vengeât en le fouettant plus fort.
Quelquefois, j’en ai pitié, je voudrais m’arrêter, cesser enfin son supplice, mais dès qu’il voit cela dans mes yeux, il redouble de fureur et alors je fouette !… Tant pis pour lui !… Pourtant, je m’arrange de façon à ne pas trop l’abîmer. Je fouette de façon que les lanières du martinet retombent bien à plat, dans toute leur longueur. Je sais très bien fouetter. Si je fouettais à tort et à travers, je l’écorcherais, je lui mettrais le derrière à vif chaque fois. Et ça ne s’apprend pas tout d’un coup, vous savez ?… » (Jean de Villiot, Essai sur la flagellation et le masochisme).
Les Délices du fouet
Essai sur la flagellation et le masochisme (V)
par Jean de Villiot« Oh ! le vilain enfant ! disait-elle en me tirant l’oreille. Est-ce donc ainsi qu’on doit écrire ce mot-là ?… Je vous demande un peu ! Il va falloir que je vous fouette si vous continuez ! Gare à vous !…
Comme elle et moi nous ne cherchions que cela, le cataclysme ( ?) ne devait pas tarder à se produire.
Venez sur mes genoux ! fit-elle tout à coup.
Elle s’assit au bord d’un fauteuil, les jambes réunies, la jupe collante, et m’attira près d’elle. Je tentai en vain de la fléchir, je la suppliai, j’embrassai ses mains agiles qui me dépouillaient en hâte de mon inexpressible, rien n’y fit. Elle devait avoir une grande habitude de la chose, car, en un clin d’oeil et sans que j’y mette la moindre complaisance, je me trouvai juché en travers sur ses cuisses puissantes, la tête et les jambes pendantes de chaque côté, le derrière proéminent…
Puis ma chemise fut troussée, chiffonnée par une main rapide et, presque aussitôt, je ressentis la cuisson d’une formidable gifle sur le bas de mes hémisphères contractés. Clic ! clac ! Rapidement, mais d’un mouvement égal, méthodique, la main sévère se leva et s’abattit sur mes fesses brûlantes bientôt et frémissantes. Cette fois, mes supplications étaient sincères mais, pas plus que pour les préparatifs, elles ne furent écoutées par mon inexorable fouetteuse. Dans la position que j’occupais, il m’était impossible de tenter le moindre effort pour me relever, d’ailleurs le bras gauche de M Sergine, roulé autour de ma taille, me maintenait solidement.
Je dus subir ainsi, suppliant et, en fin de compte, sanglotant, la cinquantaine de tapes dont se composa cette première et cuisante fessée, après laquelle les larmes aux yeux, je dus remercier ma correctrice à genoux, me reculotter et reprendre la leçon.
Deux fois encore, sans que je le veuille pourtant, je dus subir l’humiliant châtiment et, la deuxième fois, elle me le donna en m’agenouillant devant elle et en me maintenant la tête entre ses cuisses. » (Jean de Villiot, Essai sur la flagellation et le masochisme).
Les Délices du fouet
Essai sur la flagellation et le masochisme (IV)
par Jean de Villiot« Ce manuscrit ne fut jamais écrit, l’auteur répugnant à traiter de semblables abominations, ce dont je l’ai félicité. Voici le second, l’amateur ne lui a pas donné de titre.
Dans une île située au large des côtes d’Amérique, et qu’on nomme "l’île des milliardaires", plusieurs dames américaines extrêmement riches ont fonde une association de flagellantes. Elles se sont procuré dans tous les pays du monde de belles esclaves, toutes jeunes et très jolies (18 à 20 ans au maximum) et elles les emploient à tous les services de leurs splendides hôtels. Aucun homme n’habite l’île où les jolies milliardaires règnent en despotes cruelles dont l’autorité est sans limite.
Une riche Française y est invitée, et elle amène avec elle ses cinq femmes de chambre, toutes jeunes et également très jolies. Flagellante passionnée, elle est initiée à tous les mystères de l’île. Elle dresse ses servantes et les fait dresser suivant la méthode des dames américaines. Les femmes de chambre sont fouettées au sang à tout propos, on les attache sur des fauteuils à bascule où on les a agenouillées, et la on les fouette à l’aise. On emploie tous les instruments de fustigation, verges, règles de bois, coupe-papiers lourds et plats pour les seins et le ventre (sic), cravaches, martinets, verges de fer. Supplices raffinés qu’elles endurent. Fêtes données au club, où se réunissent les dames, et dans lesquelles on fouette de toutes les façons les jolies esclaves désignées par voie de tirage au sort pour cet objet. Pinces en bois pour les fesses, poucettes par lesquelles on suspend les victimes le long du mur, etc. (ici des détails qu’il est impossible de reproduire et qui sont renouvelés du Jardin des supplices de M. Mirbeau). Décrire d’une façon très fouillée les scènes de flagellation, etc. Deux cents pages au maximum. Toutes les fouetteuses doivent être jeunes et jolies, aucune au-dessus de trente ans. Dessous très élégants, bas de soie noire à jour, bottines très montantes, à hauts talons. » (Jean de Villiot, Essai sur la flagellation et le masochisme).
Les Délices du fouet
Essai sur la flagellation et le masochisme (III)
par Jean de Villiot
Les Délices du fouet
Essai sur la flagellation et le masochisme (II)
par Jean de Villiot
Les Délices du fouet
Essai sur la flagellation et le masochisme (I)
par Jean de Villiot