Nota. Nous avons supprimé l’épître dédicatoire de Ducommun, sur l’édition d’Amsterdam, 1720, parce qu’elle n’a rien de neuf, ni de piquant ; nous la remplaçons par une petite pièce de vers assez rare et qui vient ici fort à propos, puisqu’elle s’adresse aux dames.
Éloge du sein des femmes
Ouvrage curieux (Chapitre IX, suite)
par Mercier de Compiègne« Les mamelles (mammæ, des Latins ; mastoï, des Grecs ; poppa, en italien ; teta, ubre, en espagnol) subissent les mêmes phases dans leur développement, que les organes essentiels de la reproduction. Elles sont peu apparentes dans le jeune âge et ne commencent à prendre le développement qu’elles doivent acquérir que lorsque l’appareil génital est apte à perpétuer l’espèce ; et comme ce n’est que chez les individus femelles qu’elles parviennent à leur état complet, elles ne présentent pendant les premiers temps de la vie aucune différence chez l’un et l’autre sexe.
C’est donc vers l’époque où la femme devient apte aux plaisirs de la maternité, que les seins commencent à acquérir tout le développement dont ils sont susceptibles, ainsi que les formes gracieuses qui en font un si brillant ornement… » (Mercier de Compiègne, Éloge du sein des femmes).
Éloge du sein des femmes
Ouvrage curieux (Chapitre VIII)
par Mercier de Compiègne« Vous, dont la fougue égarée poursuit la jouissance au péril de vos charmes ! ah ! du moins, quand vos sens sont calmés, hâtez-vous de réparer en secret les outrages du plaisir. Autrefois tributaires du génie monacal, la botanique et la chimie opposaient au développement des gorges nonnettes le froid nénuphar et le mystique agnus castus. Libres aujourd’hui, ces deux sciences aiment à préparer de concert d’utiles restaurants aux seins débilités. Connaissez l’art des frictions réparatrices. Elles entretiennent dans sa fraîcheur le satin de la peau ; elles rendent aux formes affaissées leur souplesse et leur ressort ; par elles, les lys disparus sous le feu du baiser, ont retrouvé bientôt leur première blancheur. Salut, savante Tollerer ! La renommée de tes pommades a volé des bords de la Seine aux rives du Mississipi. Le sein de la belle Poppée n’eut jadis pour ressource que le bain de lait d’ânesse ; les gorges égyptiennes ne connaissent que l’hermodacte. Mais ces recettes merveilleuses, les tiennes les ont éclipsées. C’est à ta voix que, pour la sécurité d’un sein galant, l’olive et l’amande offrent à la fois leur huile adoucissante ; que la pimprenelle et la rose prodiguent leur essence aromatique ; que la cannelle et la fleur d’orange s’unissent à la crème en pâtes odorantes, et s’étendent en masque officieux sur plus d’un sein décrépit. » (Mercier de Compiègne, Éloge du sein des femmes).
Éloge du sein des femmes
Ouvrage curieux (Chapitre VII)
par Mercier de Compiègne« L’auditoire était nombreux (…) l’avocat de l’accusée avait épuisé toutes les ressources de l’art oratoire, mais toute son éloquence était perdue. Tout à coup une idée lumineuse et hardie, produite par la tentative la plus désespérée, exalte sa tête, et lui fournit un moyen de gagner sa cause. Il découvre brusquement le sein de sa belle cliente, et ce spectacle inattendu a produit dans toute l’assemblée une espèce de délire ; on croit voir Vénus elle-même, qui sous les traits d’une mortelle, a quitté Chypre et Amathonte, pour recueillir l’hommage des Grecs, et demander la grâce de l’accusée. La gravité des juges cède au charme vainqueur de l’étonnement, du plaisir et de l’admiration. La bouche ne trouve pas d’expression pour rendre le sentiment, mais le silence et l’avidité des regards, un cri général d’intérêt et de compassion, tout complète le triomphe de Phryné. Elle était suppliante, éplorée, courbée sous le poids de l’improbation : un sein paraît, la chance tourne, elle commande en souveraine, elle asservit tout ce qui porte les yeux sur elle : « Eh bien, ajoute le défenseur, profitant du succès de son stratagème, si elle est coupable, qui de vous, Athéniens, osera condamner à la mort ce que la nature a formé de plus beau ? » (Mercier de Compiègne, Éloge du sein des femmes).
Éloge du sein des femmes
Ouvrage curieux (Chapitre VI)
par Mercier de Compiègne« À la Nouvelle-Hollande, la parure d’une belle Malaie consiste toute en sa peau, étrangement bariolée de piqûres de diverses couleurs, et c’est ce qu’on appelle tatouage ; toutes ont soin d’assouplir leur peau par le bain et par l’huile de coco ; elles se vêtissent de tissus de feuillage ou d’écorces légères qui ne dérobent point la vue de leurs charmes secrets. Elles n’ont pas toujours la gorge pendante des négresses ; elle est même assez petite dans les premiers temps de la puberté.
Ne pensons pas que les négresses soient toujours dépourvues de beauté ; elles ont aussi leur prix. On en a vu de fort jeunes, ayant un nez droit et presque aquilin, et avec une figure qui, si nous en exceptons la couleur, n’aurait pas déparé une Européenne : on n’y remarquait point cette vilaine moue des Éthiopiens ; l’avancement des joues y était presque insensible, et le sein, parfaitement placé, n’y était pas flasque et pendant, mais d’une agréable rotondité. » (Mercier de Compiègne, Éloge du sein des femmes).
Éloge du sein des femmes
Ouvrage curieux (Chapitre V)
par Mercier de Compiègne
Éloge du sein des femmes
Ouvrage curieux (Chapitre IV)
par Mercier de Compiègne
Éloge du sein des femmes
Ouvrage curieux (Chapitre III)
par Mercier de Compiègne
Éloge du sein des femmes
Ouvrage curieux (Chapitre II)
par Mercier de Compiègne
Éloge du sein des femmes
Ouvrage curieux (Chapitre I)
par Mercier de Compiègne