Littérature érotique : Contes érotiques libres et gratuits des écrivains et poètes libertins du XVIIIe, XIXe et XXe siècles.
L’Amour cruel à travers les âges
Contes sur la flagellation
par Leopold von Sacher-Masoch« Shabataï se mit à prier. Pendant qu’il priait, Miriam saisit une branche épineuse qui se trouvait sur le divan et en forma une couronne et une verge. Elle enfonça la couronne sur la tête de Shabataï, si fort que le sang lui coula le long des tempes, puis elle le frappa cruellement avec la verge, et le sang rouge coula le long de son dos.
Mais Shabataï ne sentait point la douleur. Il ne voyait que la femme qui se tenait devant lui, telle Vénus Anadyomène, dont le corps resplendissait comme de la lumière sous la sombre fourrure et dont les cheveux défaits flamboyaient comme de divines flammes autour d’elle.
Tu es la femme que la Bathkol m’a destinée cria-t-il.
Tu dis vrai. C’est ainsi que le veut le Seigneur, et ce sera ta récompense.
En disant ces mots, elle jeta la verge sanglante, arracha la couronne et, en un transport de tendresse sauvage, entoura le jeune homme de ses bras blancs.
Mon Dieu, mon Dieu ! gémit Shabataï.
Il était perdu.
Lorsqu’il revint à lui, des larmes brûlantes inondaient son visage.
Femme, sanglotait-il, qu’as-tu fait de moi ?
J’ai fait de toi un homme, répondit Miriam… » (Leopold von Sacher-Masoch, Contes sur la flagellation).
Contes galiciens
Le Legs de Caïn (1874)
par Leopold von Sacher-Masoch« Je pourrais maintenant vous raconter mes exploits amoureux. Toutes les femmes sont à moi : paysannes, juives, bourgeoises, grandes dames, toutes ! la blonde et la brune, la rousse aussi… Des aventures tous les jours ! Tenez, en ce moment, j’ai une jeune femme mariée, une femme qui a le diable au corps… J’ai la tête un peu lourde… Puis encore une autre, la veuve d’un brigand ; elle ne sait pas lire, mais elle sait aimer… Dix femmes à la fois ! pourtant le coeur n’est jamais pris.
Il se mit à rire d’un rire aimable en montrant ses magnifiques dents blanches comme l’ivoire.
À quoi bon d’ailleurs le coeur ? Il faut que l’homme ait un coeur pour ses enfants, pour ses amis, pour la patrie, mais pour une femme ? Ah ! ah ! aucune ne m’a plus trompé depuis que je les trompe toutes. Drôle de comédie ! Comme on vous adore quand vous les faites pleurer ! » (Leopold von Sacher-Masoch, Don Juan de Kolomea).
Le Legs de Caïn
Contes galiciens (1874)
par Leopold von Sacher-Masoch« Moi aussi, commença-t-il enfin, je suis un fils de Caïn, petit-fils de ceux qui ont mangé de l’arbre de la vie. Pour l’expier, je suis condamné à errer, à errer jusqu’au jour où je serai libéré de la vie… Moi aussi, j’ai vécu, j’ai follement joui de l’existence. J’ai possédé tout ce que peut embrasser le désir insatiable de l’homme, et j’en ai reconnu le néant. J’ai aimé et j’ai été bafoué, foulé aux pieds quand je me livrais tout entier, adoré quand je me jouais du bonheur des autres, adoré comme un Dieu ! J’ai vu cette âme que je croyais soeur de la mienne et ce corps que mon amour tenait pour sacré, je les ai vus vendus comme une vile marchandise. J’ai trouvé ma femme, la mère de mes enfants, dans les bras d’un étranger… J’ai été l’esclave de la femme et j’ai été son maître, et j’ai été comme le roi Salomon, qui aimait le nombre… C’est dans l’abondance que j’avais grandi, sans me douter de la misère humaine ; en une nuit s’écroula l’édifice de notre fortune… » (Leopold von Sacher-Masoch, L’Errant).
L’Amour cruel à travers les âges
Contes sur la flagellation
par Leopold von Sacher-Masoch« Le jeune homme avait changé de maître pour la troisième fois. À partir de ce jour, il travailla matin et soir sous la direction d’un vieux jardinier et en compagnie de cinq esclaves nègres, dans les jardins du Khan s’étageant en face du portail d’entrée, en quatre terrasses appuyées aux rochers, plantées de vignes grimpantes et de hauts espaliers d’arbres fruitiers, et d’où s’échappaient des sources nombreuses, écoulant, le long des degrés, leur eau merveilleuse de limpidité dans des bassins de pierre entourés de rosiers.
Mais, quand le cri de l’eunuque retentissait, le monotone et menaçant « Helwett », tous fuyaient, aussi vite qu’ils le pouvaient. C’était le signal annonçant que les femmes du harem passaient le seuil du jardin. Tout homme qui les apercevait sans leur voile était perdu : saisi par les démons noirs, il était impitoyablement étranglé, à l’aide du lacet que chaque eunuque portait sur lui. » (Leopold von Sacher-Masoch, Contes sur la flagellation).
L’Amour cruel à travers les âges
Contes sur la flagellation
par Leopold von Sacher-Masoch
L’Amour cruel à travers les âges
Contes sur la flagellation
par Leopold von Sacher-Masoch
L’Amour cruel à travers les âges
Contes sur la flagellation
par Leopold von Sacher-Masoch
L’Amour cruel à travers les âges
Contes sur la flagellation
par Leopold von Sacher-Masoch
L’Amour cruel à travers les âges
Contes sur la flagellation
par Leopold von Sacher-Masoch
L’Amour cruel à travers les âges
Conte érotique (1888)
par Leopold von Sacher-Masoch
L’Amour cruel à travers les âges
Contes sur la flagellation
par Leopold von Sacher-Masoch