Eros-Thanatos Bibliothèque de littérature érotique : histoires, textes, récits et confessions érotiques

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Bibliothèque de littérature érotique : histoires, textes, confessions et récits érotiques libres et gratuits des écrivains et poètes libertins du XVIIIe, XIXe, XXe et XXIe siècles.


  • Mémoires de Fanny Hill, Femme de plaisir

    Plaisirs libertins en maison galante

    Lettre deuxième (première partie)

    par John Cleland

    « Le soir venu et les volets de la boutique fermés, l’académie fit son ouverture. Toutes les filles, jetant leur masque de fausse modestie, se livrèrent à leurs galants respectifs pour le plaisir ou l’intérêt, et il convient d’observer que tout représentant du sexe male n’était pas indistinctement admis, mais seulement ceux dont Mme Cole avait éprouvé d’avance le caractère et la discrétion. Bref, c’était la maison galante de la ville la plus sûre, la mieux tenue et, en même temps, la plus confortable ; tout y était conduit de telle sorte que la décence ne gênât en rien les plaisirs les plus libertins, et, dans la pratique de ces plaisirs, les familiers de la maison d’élite avaient trouvé le secret si rare et si difficile de concilier les raffinements du goût et de la délicatesse avec les exercices de la sensualité la plus franche et la plus prononcée.
    Le lendemain, après une matinée consacrée aux caresses et aux leçons de mes compagnes, nous nous mîmes à table pour dîner, et alors Mme Cole, qui présidait, me donna la première idée de son adresse diriger ces filles et à leur inspirer pour elle-même de si vifs sentiments d’amour et de respect. Il n’y avait, dans ce petit monde, ni raideur, ni réserve, ni airs de pique, ni jalousies : tout y était gai sans affectation, joyeux et libre. » (John Cleland, Mémoires de Fanny Hill, Femme de plaisir).


  • Les Délices du fouet

    Ouvrages secrets sur la flagellation

    Essai sur la flagellation et le masochisme (III)

    par Jean de Villiot

    « Sacher-Masoch, qui eut le discutable bonheur de donner son nom à l’algophilie passive, est trop connu pour que je m’étende longuement sur l’homme et sur l’oeuvre.
    Disons seulement que, né à Lemberg le 27 janvier 1835, Léopold von Sacher-Masoch est mort à Lindheim (Hesse), il y a onze ans, le 9 mars 1895. II fit ses études à Prague et à Graz. En dehors de ses ouvrages historiques, universellement appréciés, et parmi lesquels se trouvent Der Aufstand in Gent unter Kaiser Karl V (1857), Ungarns Untergang und Maria von Œsterreich (1861), etc., il a écrit de nombreux romans et nouvelles dans lesquels s’affirma sa passion pour la femme autoritaire, la Venus dominatrix. Le plus célèbre est Venus im Pelz, autrement dit Vénus à la Fourrure.
    […] Oui, pour qu’une femme lui inspirât le moindre désir, il fallait qu’elle portât des fourrures. Les cadeaux qu’il faisait consistaient en fourrures. C’était pathologique.
    Toujours cette obsession de la fourrure le hantait, l’affolait. L’auteur de Meine Lebensbeichte raconte que, voulant écrire, elle aussi, des nouvelles, Sacher-Masoch exigea qu’elles fussent "cruelles" et écrites "en fourrures" par 30° de chaleur, avec une énorme cravache posée devant elle, sur la table.
    La cravache, c’était ce qui fouettait, en quelque sorte, son génie. Il faisait habiller sa femme et sa servante avec des jaquettes de fourrures, "jouait au voleur", affectait de dérober ces lambeaux de loutre ou de renard bleu — et comme punition se faisait cravacher par les deux femmes. Et, surtout, il était heureux lorsque la servante frappait plus fort. Les flagellants du temps d’Henri III éprouvaient de ces voluptés maladives. Lola Montes menait ainsi, le fouet à la main, le vieux roi de Bavière. Et c’est parce que Léopold de Sacher-Masoch se savait le maître que la sensation morbide d’être battu par une domestique lui paraissait plus chère. Avoir entassé volumes sur volumes, articles sur articles, et ne laisser après soi qu’un mot courant les hôpitaux et les cliniques : masochisme ! » (Jean de Villiot, Essai sur la flagellation et le masochisme).


  • Les Délices de l’Amour

    Souper d’adieux

    L’Anti-Justine (chapitre XLV)

    par Restif de la Bretonne

    « On allait sortir, quand on vit la belle épouse de Vitnègre se prosterner toute dététonnée, en s’écriant :
    - Sainte et jolie Vierge Marie ; que Panthère branlait, gamahuchait, enculait, entétonnait, embouchait, et qu’il enconna enfin, une nuit, à côté du cornard endormi, le bon Saint Joseph ; duquel cocufiage provint le doux Jésus, ce bon fouteur de la putain publique, la belle Madeleine, marquise de Béthanie, dont le vagabond Jésus était en outre le souteneur, autrement le maquereau, lequel, au grand regret de la sainte garce, enculait encore Saint Jean, son giton. Sainte et jolie Marie, vierge comme moi, nous vous remercions de cette heureuse journée de fouterie. Faites-nous la grâce, par les mérites de votre fils, d’en avoir une pareille dimanche prochain !… Et vous, Sainte Madeleine, que foutait l’abbé Jésus, ainsi que Jean l’enculé, obtenez-moi la grâce de foutre autant que vous, soit en con, soit en cul, 15 ou 20 fois par jour, sans être épuisée, mais toujours déchargeant… Vous foutiez avec des Pharisiens, avec Hérode, et même avec Ponce-Pilate, pour avoir de quoi nourrir le gourgandin Jésus, votre greluchon, et les vagabonds qui lui servaient de Chouans. Obtenez-moi de votre maquereau Jésus, qui, étant dieu, a sans doute quelque pouvoir, d’avoir, sous peu, ce riche entreteneur, qui est un jour descendu de carrosse bandant à mon intention, comme je revenais de chez mon amie Mme Congrêlé ; à celle fin qu’au moyen de l’argent que je gagnerai, à votre imitation, avec mon con, mon cul, mes tétons et ma langue dardée, je puisse soulager mon digne père dans sa vieillesse » (Restif de La Bretonne, L’Anti-Justine).


  • Les Délices du fouet

    Psychologie du masochisme et du flagellant sadique

    Essai sur la flagellation et le masochisme (II)

    par Jean de Villiot

    « Ainsi donc, entre sadiste et masochiste, la différence est énorme, puisqu’ils sont, ainsi que je l’ai dit, l’antithèse vivante l’un de l’autre. Une chose leur est commune l’amour des belles croupes, mais ceci à des points de vue différents. En effet, si le flagellant actif aime à rencontrer chez son amante soumise une callipygie digne des Hottentotes, c’est parce qu’il sera flatté par la vue de ces chairs épanouies qui, bientôt, frémiront, rougiront et palpiteront sous ses fouettades. Le masochiste, au contraire, aime les croupes opulentes parce qu’elles ajoutent à la majesté de leurs propriétaires et qu’il aimera à en sentir le poids lorsqu’elles l’écraseront de leurs rotondités.
    J’ai dit au début de cet ouvrage que les deux cas de flagellation passionnelle avaient une parenté beaucoup plus étroite qu’on ne se le figure généralement. Il résulte en effet des travaux de certains savants que le masochisme ne serait dû qu’à une sorte de double inversion sexuelle : le flagellant passif posséderait un cerveau féminin dans un corps d’homme, mais ce cerveau serait organisé de telle sorte qu’il ressemblerait à celui de Sapho qui, jadis, aima tant ses congénères. Autrement dit, le masochiste serait une lesbienne possédant les attributs de l’homme. Dans ces conditions, son organisation ne serait que la contrepartie naturelle de celle du sadiste. » (Jean de Villiot, Essai sur la flagellation et le masochisme).


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